Dix millions de téléspectateurs le dimanche 1er novembre pour écouter Jean Castex dans les «20 heures» de TF 1. Une audience stratosphérique pour le Premier ministre et le sentiment d’avoir apaisé, au moins en partie, la colère des petits marchands et certains maires, lors de l’annonce de la fermeture de départements non essentiels dans les supermarchés. Sauf que la polémique n’est pas terminée. Et il a été très laborieux d’y arriver, après plusieurs jours d’imprécision de l’exécutif depuis l’annonce par Emmanuel Macron de la reconfiguration mercredi soir.

Dans le secret d’un échange téléphonique dimanche après-midi entre le locataire de l’Elysée et celui de Matignon, les consignes, à quelques heures de la séance du journal télévisé, étaient également claires: rappeler aux Français la fermeté de l’exécutif sur le Mesures sanitaires prises face à l’aggravation de l’épidémie de Covid-19, mais pour clarifier la situation en faisant un geste pour montrer que le gouvernement reste ouvert à la discussion. Ce week-end, le chef de l’Etat est resté accroché à son téléphone, recevant des alertes de certains maires en colère et surveillant le mécontentement croissant.

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Une honte pour ceux qui ont martelé ces dernières semaines leur volonté de dépendre des élus locaux pour sortir de la crise. Avant de prendre une décision, elle doit être partagée. Pourtant, les maires ne se sont pas mis au courant cette fois », déplore le président de Génération Terreno, Karl Olive, élu à Poissy (Yvelines). «C’est dommage, car on aurait pu prévoir que les nouvelles mesures de confinement, bien qu’elles soient légitimes en arrière-plan, n’allaient pas passer facilement dans l’avis», poursuit ce maire mais proche de Macron.

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“Castex voulait montrer que c’est lui qui a la main”

Tout au long du week-end, Jean Castex et Bruno Le Maire ont tenté de corriger la situation pour sortir de cette polémique. Augmentation du nombre de visioconférences avec les fédérations professionnelles, les associations de maires et les propriétaires de supermarchés. Mais avec un sérieux revers de communication entre les deux quand même: à savoir, l’annulation par Bruno Le Maire de sa participation aux «20 Heures» de France 2 samedi… sur ordre exprès de Matignon. «Castex a voulu montrer que c’est lui qui contrôle les publicités et continuer à organiser les consultations dimanche», explique un pilier de l’exécutif. Résultat, le lendemain matin, le Premier ministre annonce qu’il tiendra la TF 1 JT le même après-midi. Mais, invité à BFMTV à midi, le maire le remercie quand même de la courtoisie en lui révélant la fermeture prochaine “des rayons produits. non essentiel »dans les supermarchés.

Samedi, le ministre de l’Economie a été particulièrement impressionné par plusieurs échanges téléphoniques. Avec des petits commerçants de son quartier d’Evreux (Eure), tout d’abord, très inquiets pour son avenir. Mais aussi avec le directeur général du Carrefour Alexandre Bompard, futur Michel-Edouard Leclerc, du groupe homonyme. Deux patrons, deux approches: Bompard défendant résolument le maintien de l’ouverture des départements non essentiels, Leclerc – que Le Maire a toujours considéré dans un petit comité qui “sentait le pays” – craignant au contraire les émeutes de petits marchands en ses hypermarchés. Comme un faux air de crise des gilets jaunes aussi, que le gouvernement veut éviter à tout prix. “Cela n’a juste rien à voir avec ça”, défient l’Elysée et Bercy en chœur. “Cependant, je ressens une colère froide qui commence à monter”, s’inquiète Karl Olive. “Ce serait une erreur de ne pas le voir, et même de l’anticiper …”, compromet un ministre influent.

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