Plus de 60 parlementaires en France ont proposé une nouvelle loi pour interdire aux agents publics d’utiliser des mots «inclusifs» dans leur travail, arguant que cela rend difficile l’apprentissage du français approprié et met en péril la langue dans son ensemble.

Il marque le dernier différend sur une langue non sexiste en France, connue sous le nom d ‘«écriture inclusive», qui a été saluée par les groupes féministes comme un moyen de rendre le français moins discriminatoire.

“L’avènement de l’écriture inclusive rend difficile l’apprentissage du français car il crée un fossé entre la langue parlée et écrite”, ont déclaré les députés, issus du parti du président Emmanuel Macron et du parti conservateur Les Républicains.

“C’est donc tout le patrimoine linguistique français qui risque de disparaître”, a ajouté la proposition, portée par le député François Jolivet et proches alliés de Macron.

Selon les règles standard, le pluriel masculin d’amis, “amis”, couvre à la fois les femmes et les hommes, même si le groupe est majoritairement féminin. Le pluriel féminin, «amies», n’est utilisé que si aucun homme n’est inclus.

Une règle de grammaire populaire apprise dans les écoles françaises stipule que «le mâle gagne toujours».

Une orthographe «inclusive» diviserait le mot en utilisant un point de ponctuation appelé middot pour inclure la version féminine, donc «amis» devient «ami · e · s».

“Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est juste. Le chemin qui est emprunté est parfois déroutant”, a déclaré le communiqué des députés.

“N’y a-t-il plus les règles de grammaire?”

Les tenants de «l’écriture inclusive» affirment qu’elle empêche les femmes de s’éloigner de la langue française et que l’initiative a été adoptée par certains partis politiques, élus et universités. Des débats similaires ont eu lieu au Canada depuis les années 1980.

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Pourtant, elle a néanmoins suscité la fureur des puristes linguistiques, avec l’Académie française, la gardienne de la langue française âgée de 400 ans, arguant qu’elle représente un «danger mortel» pour la pureté du français.

Les critiques ont également soulevé des inquiétudes quant à son accessibilité pour les personnes aveugles ou ayant des troubles d’apprentissage.

L’ancien Premier ministre Edouard Philippe s’est rangé du côté d’eux en 2017 lorsqu’il a interdit «l’écriture inclusive» dans les publications officielles du gouvernement.

Le projet de loi sera débattu à l’Assemblée nationale dans les semaines à venir.