Le système de sécurité a été impressionnant, samedi à Montbert, au sud de Nantes, pour accéder à la manifestation organisée contre l’implantation d’Amazon. Sur les petites routes du vignoble nantais, sous un beau soleil d’hiver, la gendarmerie a systématiquement fouillé tous les véhicules et noté l’identité des passagers.

En alerte, la préfecture de Loire-Atlantique craint la création d’une nouvelle ZAD (pour «zone à défendre») dans cette friche convoitée par le géant américain et située à moins de 50 kilomètres de Notre-Dame-des-Landes. Mercredi, avant le rassemblement, affirmant sa crainte d’un “Invasion durable de la région”, a également publié deux décrets qui interdisent le transport d’objets dangereux sur le site pendant le week-end.

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Enquête publique en 2021

Parce que le projet Amazon à Montbert est grand. C’est ici, à une vingtaine de kilomètres au sud de Nantes, que la multinationale envisage de construire sa nouvelle plateforme logistique XXL, 180000 m2 répartis sur trois étages pour livrer le Grand Ouest. Peu présent dans la région, Amazon a déjà ouvert un entrepôt de 10500 m2 en octobre2 à Carquefou, non loin de là. Et si le géant regardait aussi la ville de Grandchamp-des-Fontaines fin 2018, il a dû se rendre en raison de la présence proche de Notre-Dame-des-Landes.

À Montbert, la demande de permis de construire a été déposée début avril. La terre convoitée, friche hospitalière à transformer en zone d’activités, appartient à la communauté de communes de Grand Lieu. Johann Boblin, son président, soutient le projet. Joint par téléphone, dit Soyez pragmatique. La réalité est que les gens utilisent ces plateformes. Nous n’avons aucune raison idéologique de nous opposer “. L’élu LR évoque la création d’emplois et le spectre de la prochaine crise post-Covid, même si aujourd’hui la région a un taux de chômage inférieur à 8%, mais assure également que «La demande de permis de construire est en cours d’examen. Ils devraient suivre plusieurs mois de procédures et il y aura une enquête publique début 2021 »..

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Opacité

Pourtant, dans le cortège de samedi, parmi les signes des syndicats, des écologistes, des locavores ou de l’anti-mondialisation, nous avons plutôt dénoncé l’opacité des procédures. A l’instar de Benoît, un habitant du quartier qui a rejoint le collectif Stop Amazon 44, qui venait d’être créé pour déclencher le combat: «Nous avons découvert le projet dans la presse à la fin de l’été, lors du dépôt du permis de construire en avril. Les élus le savaient depuis au moins un an et demi, mais il est clair qu’ils attendaient que les élections municipales passent pour en parler. “ Le groupe a présenté son premier appel gratuitement à la mairie de Montbert.

Qu’ils soient militants ou résidents ordinaires, les raisons de s’opposer à la multinationale sont multiples: création d’emplois précaires, défense des entreprises locales, trafic accru dans le quartier et bien sûr opposition au modèle économique porté par les entreprises. … Une première réunion a déjà eu lieu à la mi-octobre. La manifestation de samedi a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une belle réussite pour les organisateurs.


Correspondante spéciale Marine Dumeurger à Montbert