Le projet de loi de finances, examiné à l’Assemblée nationale depuis lundi, prévoit d’augmenter une taxe sur un carburant, l’essence SP95-E10, la première essence vendue aujourd’hui en France.

(Photo d'illustration) (AFP / FRED TANNEAU)

(Photo d’illustration) (AFP / FRED TANNEAU)

Face à la chute des «gilets jaunes» fin 2018, le gouvernement avait finalement renoncé à augmenter les taxes sur les carburants. Une promesse qui ne sera pas tenue longtemps. Le projet de loi de finances pour 2021, étudié depuis lundi 12 octobre à l’Assemblée nationale, prévoit d’éliminer progressivement le prix réduit de l’E10 (contenant jusqu’à 10% d’éthanol), alignant les niveaux de taxe (TICPE) imposés aux SP95-E10, SP95 et SP98 pendant deux ans.

Cela représenterait un sou supplémentaire par litre. , ce qui se traduirait par une augmentation moyenne de la pompe de 30 cents pour chaque remplissage en 2021 et de 60 cents en 2022.

Carburant plus économique et écologique

“Cette augmentation est contraire aux engagements du gouvernement de ne pas augmenter les taxes sur les carburants avant 2022 après le mouvement des” gilets jaunes “et de ne pas augmenter les taxes, avec la crise du COVID”, a-t-il déclaré vendredi. enfin, le Collectif Bioéthanol (Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre, et l’Union Nationale des Producteurs Agricoles d’Alcool). “Cela toucherait les automobilistes les plus sensibles au prix du carburant, parmi lesquels, de plus en plus, ils roulent à l’essence”, mais aussi un secteur touché par la fermeture, a-t-il fait valoir.

“Une augmentation loin d’être insignifiante. Alors que les automobilistes préfèrent ce carburant car il est moins cher, car moins de taxes “ , a insisté mardi 13 octobre Le parisien Sylvain Demoures, secrétaire général du SNPAA (Union nationale des producteurs agricoles d’alcool) et membre du Collectif Bioéthanol. Ce carburant est également plus vert , l’éthanol ajouté à l’essence étant uniquement issu de la fermentation alcoolique du sucre, qu’il soit à base de betteraves, d’amidon de maïs ou de blé, et d’origine 100% française, souligne le journal.

SP95-E10 représente environ 50% de l’essence sans plomb vendue en France . L’industrie de l’alcool agricole devrait atteindre 75% en cinq ans. L’éthanol compose jusqu’à 7,5% de SP95 et SP98, et jusqu’à 10% de SP95-E10. Il fait également partie de la composition à 85% de Superéthanol-E85 (qui nécessite l’installation d’un boîtier de conversion E85).

Une “très mauvaise idée” pour MoDem

“La différence fiscale entre E5 et E10, introduite en 2016, c’était censé être temporaire , justifie Bercy de Parisien . Il s’agissait alors de privilégier sa diffusion. L’objectif est déjà atteint, E10 représentant déjà plus de la moitié de la consommation et E5 l’autre moitié. Sachant que les taxes sur E5 diminueront en parallèle du même montant, ce qui compensera “. Elle serait également, toujours selon Bercy, répondre à une évolution de la réglementation européenne prévue pour 2021 sur les aides aux biocarburants.

Ce qui ne convainc pas l’association 40 millions d’automobilistes. “Augmenter la taxation de l’essence, et donc son prix à la pompe, c’est augmenter un peu plus le prix attractif de la mobilité française, alors que nous vivons l’une des périodes les plus difficiles de notre histoire contemporaine”, a bouleversé le porte-parole Pierre Chasseray.

Le groupe MoDem, mais allié de La République en marche, a pour sa part présenté un amendement à la commission des finances pour s’opposer à cette augmentation d’impôts, qui pour l’instant a été rejetée. “C’est une très mauvaise idée. Mais c’est aussi le pire moment pour la proposer”, a-t-il estimé dans les colonnes du Parisien Bruno Duvergé, député du Pas-de-Calais, en charge de la transition énergétique au sein du groupe MoDem. “Alors que notre économie et le pouvoir d’achat de tous les citoyens ont été gravement touchés par la pandémie et la crise qui s’ensuit, Quelle serait la justification de la mise en œuvre d’une augmentation des taxes, notamment sur le carburant? C’est une ressource essentielle pour la plupart des Français », a-t-il insisté.

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