Le projet de modification des horaires de travail dans les agences de BNP Paribas pourrait concerner 42 000 collaborateurs sur les près de 200 000 collaborateurs du groupe dans le monde.

L’intersyndicale BNP Paribas, qui regroupe les élus CFDT, FO, CGT, CFTC et SNB / CFE-CGC, a appelé mardi «tous les salariés» à faire grève. En cause, la direction prévoit de modifier les horaires d’ouverture des agences en fonction de leur fréquentation par les utilisateurs. 42 000 salariés sur près de 200 000 salariés du groupe dans le monde pourraient être concernés.

En fait, ce projet est déjà en préparation depuis fin février. Il consiste à classer les agences en trois grandes catégories, en fonction de l’attractivité de la zone géographique et du nombre de visiteurs observés. Chaque catégorie correspondrait à une plage d’ouverture hebdomadaire allant de 33 heures à environ 40 heures. Dans certains cas, les succursales peuvent être ouvertes jusqu’à 19 heures pour permettre aux employés de se rendre dans les succursales lorsqu’ils quittent le bureau.

Mais pour les syndicats, c’est niet! Il ne s’agissait pas “d’accompagner en aucune façon l’entreprise dans sa démarche de réorganisation du système commercial au détriment des salariés”, prévenait à l’époque la CFDT, deuxième syndicat du groupe. Il en est de même avec le syndicat majoritaire SNB / CFE-CGC qui avait demandé le retrait total de ce projet.

Jours RTT perdus

Selon les syndicats, pour certains salariés, cette organisation en cas de réduction du temps de travail se traduirait par une perte de RTT. En revanche, pour les salariés dont les heures de travail augmenteraient, le RTT serait ajouté. «La conférence sociale a été lancée et dans le cadre du dialogue social, les modalités de mise en œuvre de ce projet, ainsi que les mesures d’accompagnement, seront discutées. Aucun changement ne sera mis en œuvre avant son achèvement », a assuré la banque.

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En toile de fond, les banques et pas seulement BNP Paribas doivent faire face à une baisse des visites en agence. Les grandes chaînes ont déjà annoncé de nombreuses fermetures l’année dernière. Et la période de verrouillage a même montré aux utilisateurs que la plupart des opérations pouvaient être effectuées à distance.

Moins de 40% des clients en un an

Depuis plusieurs années, les agences bancaires se sont déjà transformées en proposant à la fois des espaces de conseil et des espaces automatisés comme la livraison de chèques … Selon les chiffres existants, les agences reçoivent en moyenne un peu moins de 40% de leurs clients par an. Et c’est précisément dans ce levier que les banques cherchent à renforcer leur performance. Le contact direct entre le banquier et un utilisateur permet de «vendre» plus facilement des produits et services financiers que de proposer des produits numérisés. La fonction consultative reste un point fondamental dans ce domaine.

Et force est de constater que les heures d’agence ne sont parfois pas adaptées aux salariés qui souhaitent venir dans leur agence en quittant le bureau.

Le risque, si cette adaptation n’est pas possible, pourrait être que les banques ferment de nouvelles agences pour au contraire développer des points plus petits mais plus proches des bureaux ou des zones commerciales, comme cela se fait déjà aux États-Unis. États-Unis ou dans certains pays asiatiques.