Une nette majorité d’électeurs suisses est favorable à l’introduction d’une interdiction nationale de porter des vêtements couvrant le visage dans les espaces publics, connue sous le nom d ‘«interdiction de la burqa», a révélé un sondage vendredi.

Selon le sondage de Tamedia auprès de 15 000 électeurs éligibles, 63% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles voteraient ou envisageaient de voter pour un prochain vote populaire sur l’interdiction, a rapporté le quotidien Tages Anzeiger.

Les Suisses sont prêts à voter pour savoir s’ils veulent interdire les couvertures faciales en public le 7 mars, date à laquelle ils voteront également sur diverses autres questions dans le cadre du célèbre système démocratique direct du pays.

Le texte ne mentionne pas explicitement les voiles musulmans, affirmant seulement que «personne ne se couvrira le visage en public, que ce soit dans les zones accessibles au public ou dans les zones où les services sont normalement accessibles à tous».

Mais l’interdiction proposée, à laquelle le gouvernement suisse s’est opposé, est largement considérée comme visant les burqas et autres voiles musulmans qui couvrent le visage.

L’initiative fait également plusieurs exceptions, notamment dans les «lieux de culte» et, principalement en ces temps de pandémie, pour des «raisons de santé».

Le comité Egerkingen qui a lancé l’initiative est fortement soutenu par le Parti populaire suisse populiste, mais certains politiciens de gauche ont également rejoint la campagne au nom de la protection des droits des femmes.

La ministre suisse de la Justice, Karin Keller-Sutter, a annoncé cette semaine que le gouvernement s’était opposé à l’interdiction au niveau national, soulignant que les femmes portant le voile intégral étaient rarement vues en Suisse.

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Il a souligné que la plupart des femmes vues dans le pays avec ce type de voile sont des touristes.

Le ministre de la Justice a également insisté pour que la question soit laissée aux 26 cantons suisses.

Deux cantons, le Tessin et Saint-Gall, ont déjà introduit de telles interdictions, tandis que trois autres cantons, Zurich, Soleure et Glaris, l’ont rejetée ces dernières années.

Le gouvernement et le parlement soutiennent une contre-proposition, qui obligerait les gens à révéler leur visage aux autorités à des fins d’identification, par exemple aux frontières ou dans les transports publics.

Des amendes allant jusqu’à 10 000 francs suisses (11 300 dollars, 9 300 euros) pourraient être infligées à quiconque refuse, selon la contre-proposition, qui prendra effet si l’initiative Egerkingen est rejetée.