Le président Emmanuel Macron a présenté mercredi 19 janvier le programme de la présidence française du Conseil de l’UE à des eurodéputés agités à Strasbourg, mais cela s’est rapidement transformé en affrontement avec l’opposition française. Rapports EURACTIV France.

La session parlementaire à Strasbourg, conçue comme un échange de vues entre les eurodéputés et le chef de l’Etat sur la présidence française de l’UE, s’est transformée en une session tendue au cours de laquelle les opposants politiques de Macron ont exprimé leurs doléances.

C’est l’eurodéputé vert Yannick Jadot, également candidat à l’élection présidentielle française, qui a déclenché les hostilités.

« Vous avez fait un beau discours. Tout était là. […] Sauf que vous êtes président de la France depuis cinq ans et qu’à ce titre vous êtes responsable d’un record pour la France et l’Europe », a déclaré Jadot, qui a également critiqué « l’alliance climatique avec la Pologne et la Hongrie » sur la taxonomie de l’UE, une liste de activités économiques durables.

« Vous entrerez dans l’histoire en tant que président de l’inaction climatique », a-t-il déclaré à Macron, faisant référence au dernier film à succès « Don’t Look Up ».

Jordan Bardella, député européen du groupe Identité et démocratie (ID) et président du Rassemblement national de Marine Le Pen a également pris la parole : « Votre Europe a 60 ans. La nôtre a 3 000 ans », a-t-il déclaré, critiquant Macron pour sa politique d’immigration.

Les prochaines élections présidentielles d’avril « ne décideront pas seulement du sort de la France mais de toute l’Europe », a déclaré Bardella, qualifiant Macron de « diviseur » et de « liquidateur à la tête de l’Etat français ».

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Macron a répondu qu’il était « étonné qu’on reproche à quelqu’un de signer des textes avec la Pologne ou la Hongrie », ajoutant que le parti pris de Jadot reviendrait à « arrêter l’UE tout de suite ».

Le Pen veut que l’UE soit une « association de nations libres »

Après la défaite à l’élection présidentielle française de 2017, le Rassemblement national de droite de Marine Le Pen a réorganisé son discours sur l’Europe, visant à attirer un électorat plus large, mais il n’est pas clair si ce changement donnera à Le Pen la chance de gagner les clés du Palais de l’Elysée en avril

Manon Aubry, eurodéputée de la gauche radicale La France Insoumise, a pris un autre parti.

« Ce que vous protégez, ce ne sont certainement pas les gens qui se battent, mais les multinationales et les milliardaires », a-t-il déclaré à Macron.

Il l’a également qualifié de « président du mépris », citant ses propos qui ont récemment défrayé la chronique, et l’a accusé de « violer les droits sociaux » et de « réprimer les mobilisations ».

« La présidence française ne doit pas être une marche électorale », a-t-il également ajouté.

Un autre eurodéputé français, François-Xavier Bellamy, du Parti populaire européen (PPE) conservateur, a exprimé un sentiment similaire.

« Le calendrier qu’il a approuvé servira plus sa campagne présidentielle que l’action européenne », a-t-il déploré.

L’eurodéputé social-démocrate Eric Andrieu a tweeté qu’il espérait « que la présidence française soit couronnée de succès et rappelle, une fois de plus, que l’intérêt général prime sur l’intérêt privé, même s’il s’agit de celui d’un chef d’Etat… lors d’une campagne . »

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« Ce n’est pas un débat national »

Stéphane Séjourné, président de Renew Europe, un groupe politique centriste dominé par les eurodéputés de Macron, a réagi en disant : « Quel dommage de transformer cet hémicycle en assemblée nationale.

Peu de temps après, la nouvelle présidente élue du Parlement européen, Roberta Metsola de Malte, est intervenue pour souligner qu’il ne s’agissait « pas d’un débat national ».

Charte des droits fondamentaux de l’UE

Au milieu d’échanges vifs marqués d’applaudissements ou de cris hostiles, Macron a tout de même évoqué les priorités de la présidence française du Conseil de l’UE.

« Nous sommes la génération qui redécouvre la précarité de l’Etat de droit », a-t-il déclaré au début de son discours, avant de louer le projet européen et de saluer « cette Europe qui a bien résisté » pendant la crise sanitaire.

Plus précisément, Macron a rappelé son soutien au droit d’initiative législative du Parlement européen.

Enfin, il a proposé que les législateurs mettent à jour la Charte des droits fondamentaux de l’UE pour y inclure la protection de l’environnement et la reconnaissance du droit à l’avortement, à quelques mètres de Metsola, connue pour ses positions anti-avortement.

[Edited by Zoran Radosavljevic]