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Paris (AFP)- Une universitaire franco-iranienne détenue en Iran depuis trois ans dans une affaire qui a exacerbé les tensions entre Téhéran et Paris est retournée en prison après une brève suspension, ont indiqué ses partisans.

Fariba Adelkhah a été autorisée à quitter la prison d’Evin à Téhéran pendant cinq jours la semaine dernière.

Les espoirs que la mesure puisse être prolongée ont été anéantis, a déclaré son groupe de soutien dans un communiqué publié dimanche soir.

« Malheureusement, la licence de cinq jours de Fariba n’a pas été prolongée ni transformée en assignation à résidence », a-t-il déclaré. « Cela lui a donné une pause, mais c’est quand même une mauvaise nouvelle. »

Les militants affirment qu’au moins 20 ressortissants étrangers et binationaux sont détenus par Téhéran sur des accusations sans fondement, dans une politique délibérée de diplomatie des otages visant à obtenir des concessions de l’Occident.

La libération temporaire d’Adelkhah intervient à un moment crucial des négociations entre les puissances mondiales et l’Iran sur le programme nucléaire iranien, Téhéran envisageant une proposition finale de l’UE visant à sauver un accord de 2015.

Il est relativement courant que les prisonniers en Iran bénéficient d’un court congé pour passer du temps chez eux avec leur famille avant d’être renvoyés en prison.

Spécialiste de l’islam chiite et directrice de recherche à Sciences Po Paris, Adelkhah a été arrêtée en juin 2019 avec son collègue et partenaire français Roland Marchal.

Adelkhah a été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour complot contre la sécurité nationale, des accusations que ses partisans qualifient d’absurdes.

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Marchal a été libéré en mars 2020 et Adelkhah a pu retourner à Téhéran en octobre 2020 portant un bracelet électronique. Mais ensuite, elle a été renvoyée en prison en janvier 2022.

Le mois dernier, l’Iran a accordé à la femme germano-iranienne Nahid Taghavi, arrêtée en octobre 2020, un congé de maladie pour se faire soigner pour des problèmes de dos et de cou.

L’Iran détient également trois autres citoyens français.

Benjamin Brière, qui, selon sa famille, n’est qu’un touriste, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans un parc national avec un drone de loisir et condamné à huit ans de prison pour espionnage.

Pendant ce temps, Cécile Kohler, responsable du syndicat des enseignants français, et son partenaire Jacques Paris ont été arrêtés début mai pour des accusations liées à la sécurité, a déclaré Téhéran.

L’Iran insiste pour que les étrangers bénéficient de procès équitables, mais leurs familles disent qu’ils sont détenus comme des pions dans un jeu politique.