Olivier Duhamel, l’un des plus grands politologues et commentateurs des médias français, a démissionné de ses fonctions universitaires et médiatiques après avoir été accusé d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils.

La belle-fille de l’expert constitutionnel, la jumelle de la victime présumée, dit que les abus ont eu lieu dans les années 1980, alors qu’elle et son frère avaient 14 ans et étaient bien connus de nombreux membres de la famille et d’amis.

Camille Kouchner a révélé les abus présumés, qui, selon elle, étaient une “omerta” parmi les milieux politiques et médiatiques parisiens, dans son livre, La Familia grande, qui sera publié jeudi, mais qui a été publié dans le magazine L’Obs et Le Monde. .

Duhamel, 70 ans, a démissionné de son poste à la Fondation Nationale des Sciences Politiques, qui supervise et finance la prestigieuse Sciences Po grande école, et a supprimé son compte Twitter, mais n’a pas commenté les allégations.

Kouchner et sa jumelle sont les enfants de Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères et fondateur de l’ONG Médecins sans frontières, et d’Evelyne Pisier, historienne et écrivaine, décédée en 2017.

Kouchner et Pisier ont eu trois enfants, Julien et Camille et leur frère jumeau, avant de se séparer en 1980. Par la suite, Pisier a eu une liaison de quatre ans avec le leader cubain Fidel Castro avant d’épouser Duhamel.

Dans le livre, Camille Kouchner donne à sa jumelle le nom de «Victor». Elle écrit que les abus se sont poursuivis pendant au moins deux ans et que Pisier s’est fait dire mais a préféré protéger son mari, ainsi que les amis de la famille, pour «éviter un scandale». Elle dit que son frère l’a suppliée de garder le secret, en lui disant: «Si tu parles, je mourrai. J’ai trop honte. Aidez-moi à dire non, s’il vous plaît. “

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«J’avais 14 ans et je l’ai laissé arriver… J’avais 14 ans et je le savais et je n’ai rien dit», écrit Kouchner, 45 ans. “Pourquoi a-t-il le droit de vivre en dehors de cette réalité alors qu’elle me hante?”

Kouchner, juriste, ajoute que «l’inceste» – tel que décrit dans les médias français – s’est produit plus d’une fois et était un secret de polichinelle entre amis et famille, à qui on a demandé de ne rien dire.

“Mon livre raconte combien de personnes en étaient au courant”, a-t-il déclaré sur le site L’Obs du Nouvel Observateur. “Bien sûr, je pensais que ma vie pouvait être considérée comme offensante parce que ma famille est très connue, alors je me suis dit, c’est exactement pourquoi je dois faire ça.”

Elle a ajouté: «J’ai choisi d’écrire parce que je ne pouvais plus me taire. Ce livre est né d’un besoin: témoigner de l’inceste, montrer qu’il a duré des années et qu’il est très, très difficile de rompre le silence. Je ne l’ai pas écrit au nom de mon frère, mais des sœurs, des nièces, toutes celles touchées par l’inceste. L’omerta dans une famille pèse sur tout le monde. “

Son père, Bernard Kouchner, a publié une déclaration par l’intermédiaire de son avocat. «Un grand secret a été révélé qui pèse sur nous depuis si longtemps. J’admire le courage de ma fille, Camille », écrit-il.

La FNSP a envoyé un message interne à l’état-major, vu par l’AFP, disant qu’elle avait accepté la démission de Duhamel «pour des raisons personnelles». Le directeur de la fondation, Frédéric Mion, s’est dit “choqué” par la lecture des accusations.

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Duhamel, ancien député européen et auteur de l’ouvrage constitutionnel très étudié La Gauche et la Ve République, est également président du Siècle, un club masculin influent dont les membres comprennent d’éminentes personnalités politiques, économiques, culturelles et médiatiques. Il est le fils de Jacques Duhamel, qui était ministre sous la présidence de Georges Pompidou.

Duhamel a déclaré au Monde et à L’Obs qu’il “n’avait rien à dire” en réponse aux allégations. Lundi, il a tweeté qu’il avait démissionné des «institutions pour lesquelles je travaille» après avoir été soumis à des «attaques personnelles». Puis il a supprimé son compte.

Il ne peut y avoir aucune action en justice car les allégations dépassent le délai de traitement.

Alexandre Kouchner, Camille et le demi-frère de la victime présumée ont soutenu leurs frères et sœurs dans un message Twitter à la suite des révélations d’abus.

«J’adore mes frères et ma sœur. J’admire votre courage et j’appuie votre décision de briser le silence. Nous devons toujours écouter, écouter et protéger ceux qui ont souffert et souffrent. Pour le reste, je vous propose de lire le livre », écrit Alexandre.

La victime présumée de l’abus n’a pas encore commenté publiquement l’affaire.