Paris a mis en garde contre de « fortes conséquences » pour la relation franco-italienne après que la France a accepté un navire transportant 231 migrants secourus en Méditerranée et a refusé de se réfugier en Italie.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré jeudi aux journalistes que les passagers de l’Ocean Viking, exploité par des associations caritatives, dont 57 enfants, dont plusieurs de moins de quatre ans, débarqueront au port militaire de Toulon.

Mais il a également critiqué le nouveau gouvernement de droite italien pour ce qu’il a qualifié de refus « incompréhensible » et « égoïste » d’autoriser l’Ocean Viking à accoster tôt dans un port italien malgré les appels répétés à Rome depuis le navire.

« La France a exceptionnellement décidé de compenser l’intervention du gouvernement italien comportement inacceptable et invitez le navire à venir », a déclaré Darmanin. « La France regrette profondément que l’Italie ait décidé de ne pas se comporter en Etat européen responsable face à cette affaire. »

Le traitement de l’Ocean Viking est considéré à Paris comme un indicateur précoce de la façon dont le nouveau gouvernement italien, dirigé par l’extrême droite Giorgia Melon, se comportera envers ses partenaires européens. L’immigration illégale est une question politiquement chargée en Italie et en France.

La coalition de droite de Meloni, qui comprend son parti Frères d’Italie, la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Silvio Berlusconi, a fait campagne lors des élections de septembre en s’engageant à endiguer le flux de migrants voyageant d’Afrique du Nord à travers la Méditerranée vers l’Italie.

Darmanin a déclaré qu’il n’y avait « aucun doute » que l’Italie était légalement tenue de offrir la sécurité à l’Ocean Viking comme il l’avait été dans la zone italienne de recherche et de sauvetage, eaux internationales dans lesquelles le pays est chargé d’aider les navires en détresse.

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En signe d’agacement face au comportement de l’Italie, Darmanin a annoncé que Paris avait décidé de ne pas accueillir les 3 500 migrants actuellement en Italie et qu’ils seront relocalisés en France dans le cadre d’un nouveau « mécanisme de solidarité » qui disperse les migrants qu’ils atteignent en Italie et ailleurs. nations côtières pour un certain nombre d’États de l’UE. Il a également déclaré que les contrôles aux frontières entre les deux pays seraient rétablis dans les prochains jours.

Meloni insiste sur le fait que Rome respecte ses obligations internationales. Elle a déclaré aux membres des Frères d’Italie que le refus de son gouvernement d’accueillir l’Ocean Viking, et son rejet initial de centaines de passagers sur deux autres navires d’ONG la semaine dernière, était justifié car « ce ne sont pas des naufragés, ce sont des migrants ».

Mais la Commission européenne a publié mercredi un communiqué rappelant aux États membres que « l’obligation légale de secourir et d’assurer la sécurité de la vie humaine en mer est claire et sans équivoque, quelles que soient les circonstances qui conduisent les personnes à se retrouver dans une situation la plus dangereuse ».

Le gouvernement du président français Emmanuel Macron fait désormais face à une extrême droite enhardie dirigée par le Rassemblement national de Marine Le Pen qui a critiqué sa gestion de la migration. Darmanin a été accusé d’avoir aidé à faire passer une nouvelle loi dans les mois à venir pour réprimer les personnes arrivant illégalement et augmenter les expulsions.

Les politiciens des deux pays ont également critiqué le rôle des organisations humanitaires telles que Médecins Sans Frontières et Méditerranée, qui sauvent des migrants de bateaux dangereusement dangereux. Certains reprochent aux opérations d’encourager et d’aider les personnes à entrer illégalement en Europe par voie maritime.

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Jeudi, Darmanin a déclaré que la France convoquerait une réunion ministérielle européenne pour discuter des actions des organisations caritatives effectuant des sauvetages en mer. Elle établirait également un nouveau cadre pour permettre « une meilleure régulation des actions de sauvetage menées » par les navires des ONG en Méditerranée afin de s’assurer qu’ils n' »encouragent pas l’activité des passeurs qui agissent sans égard pour la vie des migrants ».

La question des navires de sauvetage est devenue une source de tension entre Italie et ses collègues membres de l’UE il y a plusieurs années lorsque Salvini, alors ministre de l’Intérieur italien, a mené une campagne féroce pour empêcher les bateaux des ONG d’accoster dans le pays.