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Bruxelles (AFP) – Plutôt qu’une invasion russe pure et simple de l’Ukraine, les capitales européennes craignent que Kiev ne soit entraînée dans un affrontement avec les séparatistes pro-russes dans la région séparatiste du Donbass.

Selon de hauts responsables européens, les alliés occidentaux ont averti Moscou que toute provocation là-bas, même si des troupes russes en uniforme n’étaient pas impliquées, déclencherait également la riposte massive aux sanctions qu’ils préparent.

Et séparément, ils ont exhorté le président ukrainien Volodymyr Zelensky à ne pas permettre à ses forces d’être entraînées dans des combats plus intenses pour toute action soutenue par la Russie sur le front tendu.

Les avertissements à Bruxelles, à la suite de pourparlers européens avec les dirigeants de l’OTAN et des États-Unis, sont intervenus alors que l’Ukraine a signalé que ses forces avaient démantelé un réseau de saboteurs prétendument « coordonné par les services spéciaux russes ».

Cela augmentera les inquiétudes quant au fait que le président russe Vladimir Poutine prépare le terrain pour une confrontation qu’il utiliserait comme justification pour lancer une opération plus large contre l’Ukraine.

« Personne ne sait si Poutine a pris la décision d’intervenir et quel serait le déclencheur », a déclaré un haut responsable européen aux journalistes. « Mais nous sommes en alerte maximale à partir de maintenant jusqu’à fin février. »

« Immense provocation »

Moscou a déployé plus de 100 000 soldats soutenus par des chars, de l’artillerie, des batteries de roquettes et une force aérienne à la frontière ukrainienne.

Mardi, il a lancé des exercices militaires dans la région ukrainienne de Crimée, qu’il occupe depuis 2014.

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Et le gouvernement de Poutine est accusé par Kiev et l’Occident d’exercer un contrôle effectif sur les milices séparatistes pro-russes dans le Donbass, les régions jumelles sécessionnistes de Lougansk et de Donetsk.

Le parlement russe doit débattre d’une motion exhortant Poutine à les reconnaître en tant que républiques indépendantes, ce qui, selon les experts, pourrait être le prélude au déploiement de forces russes plus régulières.

Le Kremlin a accusé les États-Unis d' »intensifier les tensions » et a mis en garde contre le risque que Kiev lance elle-même une offensive contre les régions pro-russes.

La semaine dernière, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a déclaré aux députés qu’il était « préoccupé par la situation dans les régions non contrôlées par Kiev, car elles se rapprochent de plus en plus de la Russie ».

Les États-Unis et leurs alliés européens insistent sur le fait qu’ils sont unis dans leur détermination à imposer des « conséquences massives » à la Russie si l’accumulation de troupes se transformait en invasion.

Mardi, un jour après des pourparlers entre les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles et un appel téléphonique entre les dirigeants européens et le président américain Joe Biden, des responsables ont déclaré qu’un assaut contre le Donbass suffirait à déclencher la même réponse.

« La région sera le théâtre d’immenses provocations et les dirigeants ukrainiens ont été exhortés à ne rien faire que Moscou puisse utiliser comme tel », a déclaré un diplomate européen.

« Nous devons tirer les leçons de ce qui s’est passé en Géorgie en 2008 », a-t-il averti.

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En 2008, la Russie a profité d’une offensive géorgienne contre sa propre région séparatiste d’Ossétie du Sud pour occuper le territoire et reconnaître son indépendance.

Zelensky, dont le gouvernement a tenté de dissuader les responsables américains des terribles avertissements d’une invasion imminente, a juré de ne pas tomber dans le piège de la provocation russe.

des sanctions sans précédent

Le haut responsable européen a expliqué : « L’UE imposera des sanctions après toute agression armée en Ukraine, qui pourrait prendre de nombreuses formes et ne pas nécessairement impliquer des troupes russes ».

Ce message, a-t-il dit, a été transmis à Moscou lors de pourparlers qui ont eu lieu entre les émissaires de l’OTAN et de la Russie et à l’OSCE. Les États membres de l’UE sont représentés dans les deux organes.

Les grandes lignes de l’éventuel régime de sanctions de Bruxelles seront basées sur celui imposé après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, mais sa portée sera étendue à un niveau « jamais vu auparavant », selon les mots du ministre danois des Affaires étrangères, Jeppe Kofod.

Quelque 46 % des revenus de la Russie proviennent des ventes de pétrole et de gaz, et l’Europe est son plus gros client. On s’attend à ce que les mesures ciblant le secteur énergétique de Moscou et les relations financières avec l’ouest soient durement touchées.

Mais les sanctions auraient également un effet négatif sur l’économie européenne. La Hongrie est considérée comme sympathique au Kremlin et l’Allemagne, gros acheteur de gaz russe, s’inquiète d’une crise énergétique.

Des discussions intenses se profilent à Bruxelles alors que le paquet final est élaboré, mais les responsables affirment que les divisions de l’UE fondront après l’action russe, et ils espèrent que Poutine comprendra le message.

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« Il y a une unité entre les Européens et les Etats-Unis pour déployer, à un moment donné, un ensemble de sanctions jugées dissuasives », a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Pourtant, Bruxelles sait que, ayant joué sa main avec une accumulation massive de troupes, Poutine a une fenêtre étroite dans laquelle agir ou reculer. Sa voie de sortie, s’il décidait de s’écarter brusquement des sanctions, n’est pas claire.