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Venise (AFP)

Les ministres des Finances des pays les plus riches du G20 devraient donner leur feu vert samedi à un accord historique visant à taxer plus équitablement les entreprises multinationales.

Le cadre de la réforme, qui comprend un taux d’imposition global minimum des sociétés de 15 %, a été approuvé par 131 pays au début du mois et pourrait entrer en vigueur d’ici 2023.

Salué par les personnes impliquées comme « historique », il vise à arrêter le nivellement par le bas alors que les pays se font concurrence pour offrir les taux d’imposition les plus bas pour attirer les investissements, et par conséquent de nombreuses entreprises multinationales paient des niveaux d’impôt ridicules.

« Cet impôt minimum sur les entreprises doit être ambitieux », a déclaré vendredi à l’AFP le ministre français des Finances Bruno Le Maire, ajoutant que la réunion du G20, des 19 pays les plus riches et de l’Union européenne représente une opportunité unique.

Les pays qui représentent 85 % de la richesse mondiale cherchaient un accord « pour le 21e siècle qui permettra d’imposer des impôts équitables aux géants du numérique en grande partie non imposables, ce que personne ne peut accepter », a-t-il déclaré.

– ‘En chemin’ –

Un accord définitif sur le taux minimum n’est attendu qu’à l’approche du sommet des dirigeants du G20 à Rome en octobre.

Mais les pourparlers de Venise sont l’occasion de clarifier plus de détails et de faire pression sur ceux qui n’ont pas encore adhéré à l’accord, conclu sous les auspices de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

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Les États-Unis, la France et l’Allemagne font partie de plusieurs pays qui demandent un taux plus élevé, tandis que les agences d’aide, dont Oxfam, soutiennent également que 15 pour cent est trop bas.

Mais avec certains pays qui s’y opposent – l’Irlande, membre de l’UE, a attiré Apple et Google à Dublin avec ses faibles taux d’imposition – il est probable qu’il y ait un changement dans le taux.

« Nous sommes vraiment sur la bonne voie » vers un accord qui « sera finalisé sous peu », a déclaré le ministre allemand des Finances Olaf Scholz à la télévision CNBC.

Le taux minimum devrait toucher moins de 10 000 grandes entreprises, celles dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 750 millions d’euros.

C’est l’un des deux piliers supposés de la réforme fiscale mondiale qui ont été négociés pendant des années et qui ont reçu un nouvel élan sous le mandat du président américain Joe Biden.

L’autre donnerait aux pays une part des impôts sur les bénéfices qui y sont réalisés, et s’appliquerait dans un premier temps aux 100 premières entreprises.

Il s’adresse aux géants de la technologie comme Google, Amazon, Facebook et Apple, mais il pourrait également toucher des entreprises comme le géant de l’énergie BP, présent dans 85 pays.

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Selon un projet obtenu par l’AFP de la déclaration finale, toujours en discussion, les ministres du G20 vont « soutenir » l' »accord historique de l’OCDE sur une architecture fiscale internationale plus stable et plus juste ».

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, la directrice de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde et le ministre russe des Finances Anton Siluanov faisaient partie des participants à la réunion de deux jours à Venise, tandis que la Chine et l’Inde y ont participé virtuellement.

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La sécurité est stricte, le quartier de l’Arsenal de la ville lagunaire étant fermé aux habitants et aux touristes, bien que des centaines de manifestants soient attendus à Venise dans l’après-midi.

Le changement climatique est également à l’ordre du jour, et Yellen a appelé vendredi ses homologues du G20 à agir de manière plus urgente pour décarboner l’économie mondiale.

Les ministres du G20 et les chefs de banque centrale devraient également appeler à davantage de soutien aux pays touchés par la pandémie de coronavirus.

La directrice du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a exhorté cette semaine les pays les plus riches à intensifier leurs efforts pour aider les pays les plus pauvres à résister au « double coup dur dévastateur » de Covid-19 et aux dommages économiques qui en résultent.