PARIS : Un rebond très attendu de l’économie française touchée par le Covid ne s’est pas matérialisé au premier trimestre, les secteurs clés étant tombés en sommeil après plus d’un an de restrictions virales, ont montré vendredi des données officielles.

Le produit intérieur brut s’est contracté de 0,1% au cours des trois premiers mois de l’année, a déclaré l’agence de statistiques Insee, en nette inversion par rapport à son estimation précédente de 0,4% de croissance.

Les autorités françaises ont commencé à ordonner des fermetures d’entreprises et des interdictions de voyager dans diverses régions en mars, à la fin du trimestre, avant une troisième série de restrictions sur les coronavirus mises en œuvre en avril pour freiner l’augmentation des cas de Covid.

Depuis, la France est entrée dans une réouverture progressive du pays.

Le secteur crucial de la construction, en particulier, a tardé à reprendre de l’activité après une année dévastatrice pour l’économie française, qui a chuté de plus de huit pour cent en 2020.

Le secteur a été « sensiblement moins dynamique » que prévu, selon l’Insee.

L’investissement, les dépenses des ménages et la production ont également reculé. Cependant, le gouvernement français n’a pas tardé à confirmer son objectif de croissance du PIB de 5% pour l’ensemble de l’année 2021.

« Cela ne change en rien notre objectif », a déclaré à la presse le ministre des Finances Bruno Le Maire, qualifiant le ralentissement du premier trimestre de « révision automatique » liée à la croissance de 2020, qu’il a affirmé avoir été mieux soutenue qu’on ne le pensait auparavant.

Appelant le pays à « rester calme et à ne pas se laisser décourager par tel ou tel nombre », Le Maire a déclaré que les indicateurs actuels « pointent tous vers le haut ».

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Diego Iscaro, économiste européen senior chez IHS Markit, a convenu, affirmant que les chiffres les plus faibles « ne changent pas la situation dans son ensemble ».

Alors que la réouverture progressive de l’économie devrait conduire à un « fort rebond de l’activité », il a également indiqué à l’AFP que toute aggravation de la pandémie pourrait conduire à nouveau à des restrictions plus strictes.

Cependant, une meilleure mise en œuvre des vaccins a diminué la probabilité qu’un tel scénario se produise.

Parallèlement, les premières indications des performances de la France en avril, publiées séparément par l’Insee, ont montré que l’économie reste sous pression. Les dépenses de consommation ont baissé de 8,3% en avril par rapport à mars, et les dépenses en produits manufacturés ont baissé de près de 19%, une baisse que l’Insee attribue au « troisième verrouillage ».

Les dépenses alimentaires n’ont baissé que de 0,2% en avril.

Mais même si l’économie reste faible, l’inflation s’est redressée et les prix à la consommation ont augmenté de 1,4% en glissement annuel en mai, selon une première estimation, après 1,2% en avril, a également indiqué l’Insee.