New Delhi: L’ancien chef de la section des crimes financiers du parquet français a annulé les conseils d’un député en décidant de ne pas enquêter officiellement sur les allégations de corruption dans la vente controversée de 36 Rafale à l’Inde, selon un nouveau rapport préjudiciable publié par le site parisien sur Mediapart.

La vente a également fait l’objet d’une pétition auprès de la Cour suprême de l’Inde demandant une enquête du Bureau central d’enquête sur comment et pourquoi le gouvernement Narendra Modi a remplacé un accord précédent d’achat de 126 avions Rafale, dont la plupart seraient fabriqués. en Inde par la société du secteur public HAL – avec l’achat d’avions prêts à l’emploi avec une partie des indemnités alliées pour le groupe Reliance d’Anil Ambani.

Le reportage des médias français, rendu public mardi 6 avril, soulève plusieurs questions sur la manière opaque avec laquelle le parquet national financier, ou Parquet national financier (PNF), a effectivement résolu une plainte de 2018 déposée par un puits. ONG anticorruption bien connue appelée «Sherpa».

Cela comprend une réunion informelle qu’Éliane Houlette, alors chef du PNF, a eu avec un avocat de Dassault Aviation, au cours de laquelle ce dernier aurait tenté de confondre l’accusation avec une défense trompeuse et dépensée selon laquelle l’association de l’avionneur Rafale avec Anil Ambani est antérieure au 2016. accord que le gouvernement Modi a signé avec la France.

Dans une interview pour Fête à Paris L’année dernière, Houlette a cité les intérêts nationaux français pour justifier sa décision de ne pas enquêter sur l’accord. «De toute façon, vous ne pouvez pas tout cibler. Il faut peser les choses, préserver les intérêts de la France, le fonctionnement des institutions ».

Dans la première partie de votre dernière enquête, Mediapart a documenté comment Dassault avait accepté de payer un million d’euros à un intermédiaire en Inde, Sushen Gupta, en guise de «cadeau» pour la fabrication de maquettes du Rafale. Gupta fait actuellement l’objet d’une enquête de la Direction de l’application de la loi dans le cadre de l’accord sur l’hélicoptère Agusta Westland.

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Rapport de corruption

En octobre 2018, Sherpa a déposé une plainte alertant PNF et Houlette d’une possible corruption dans la vente d’avions Rafale à l’Inde.

La plainte est venue à la suite de l’aveu fait par l’ancien président français François Hollande dans une interview cette année-là (également pour Mediapart) que la sélection du groupe Anil Ambani comme partenaire de Dassault avait été imposée par le gouvernement Modi. Son aveu a également retenu l’attention car le groupe Ambani avait également fourni plus d’un million d’euros de financement pour un projet cinématographique impliquant le partenaire de Hollande.

MediapartL’examen des actions du PNF se termine par l’allégation selon laquelle Houlette “n’a fait aucune tentative sérieuse d’enquêter” sur les accusations de Sherpa.

Éliane Houlette. Photo: Reuters / Archives

L’affirmation la plus sérieuse est peut-être que l’un des adjoints de Houlette, Jean-Yves Lourgouilloux, qui était officiellement en charge de l’affaire, n’était pas d’accord avec la décision d’abandonner l’affaire et que le seul entretien que Houlette elle-même avait mené avant de prendre sa décision était avec un Dassault. avocat.

«En juin 2019, peu de temps avant de quitter son poste de chef du PNF, Houlette a décidé de clore l’enquête préalable à la plainte du Sherpa, invoquant« l’absence »de tout crime, dans une démarche qui allait à l’encontre de l’avis du procureur. . de l’affaire et qu’ils ont refusé d’écrire la notification officielle de leur retrait », indique le rapport.

«… Selon diverses sources juridiques, le substitut du procureur chargé de l’affaire au PNF a fait savoir au sein de l’organisation qu’il avait refusé d’écrire et de signer la mise en demeure légale de clore l’affaire car il n’aurait pas pu citer de motif de clôture. ce. Il en a résulté que lorsque l’actuel chef du PNF, Jean-François Bohnert, a pris ses fonctions le 14 octobre 2019, la notice légale de clôture du dossier n’avait pas encore été rédigée. C’est finalement son numéro deux, Jean-Luc Blachon, qui s’en est occupé », ajoute le rapport.

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Le fil n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les allégations formulées dans le Mediapart rapport.

Dans ses réponses officielles à la publication française, le PNF a indiqué que la décision de clore l’affaire Rafale avait été prise par Houlette et ses successeurs après une “analyse minutieuse” de la plainte déposée par Sherpa.

“Aucun des éléments factuels révélés par l’association Sherpa ne justifiait l’ouverture d’une enquête pénale pour corruption ou conflit d’intérêts illégal”, a précisé le ministère public. Mediapart. En conséquence, «aucune unité d’enquête n’a été référée […] et aucune enquête n’a été menée », a-t-il dit.

Conflit d’Ambani et problèmes fiscaux

Le rapport de la publication française fait deux autres allégations concernant l’enquête préliminaire du PNF qui, si elles sont vraies, montrent sa décision sous peu de lumière.

Le premier concerne une rencontre qu’Houlette a eue avec un avocat représentant Dassault Aviation, Kiril Bougartchev.

«Dassault a profité de l’occasion pour diriger l’évaluation du dossier par le PNF, arguant que les autorités indiennes n’avaient pas imposé le choix de Reliance comme leur partenaire industriel dans le nouvel accord pour le Rafale puisque le groupe indien avait déjà été choisi comme partenaire trois ans auparavant. , en février 2012, dans le premier contrat », allègue les médias.

Ce mensonge, en passant, a été utilisé par Dassault et les dirigeants du BJP dans le passé et a même trouvé son chemin dans le verdict controversé de la Cour suprême rejetant une enquête, avant d’être corrigé par la suite.

Lorsque la crise concernant l’accord Rafale a éclaté, Dassault et le gouvernement Modi ont déclaré publiquement que la décision de choisir Reliance Infrastructure d’Anil Ambani comme partenaire de compensation pour l’accord 36-Rafale était la simple continuation d’un partenariat conclu par Mukesh. Ambani Reliance Industries avec Dassault en 2012. Cette affirmation est fausse car les empires commerciaux des deux frères Ambani sont complètement séparés.

Mukesh et Anil Ambani. Photo: Reuters / Archives

Cependant, le but de cette fausse affirmation était de suggérer que l’association de Dassault avec Anil Ambani a été forgée à l’époque de l’Alliance progressiste unie et avait simplement été transférée, ce qui a fourni un tampon à l’administration Modi, qui s’est sentie perplexe. 2018.

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On ne sait pas si Houlette et le PNF ont accepté cette prétendue défense au pied de la lettre ou compris le contexte dans lequel le partenariat Anil Ambani-Dassault a effectivement été forgé.

La seconde affirmation concerne la manière dont Houlette a vu la victoire du groupe Reliance dans l’obtention d’un règlement fiscal favorable des autorités françaises dans les mois précédant et suivant l’annonce de l’accord Rafale.

«La plus surprenante des explications d’Éliane Houlette concerne la somme réduite que le fisc français a demandé à Reliance de payer après le redressement fiscal. Le chef du PNF a indiqué dans un premier temps que le raisonnement derrière cette décision n’était pas connu en raison du «secret fiscal» … », le Mediapart notes de rapport.

«Éliane Houlette elle-même n’a pas officiellement demandé d’informations aux autorités fiscales. Au lieu de cela, il a choisi de passer un appel téléphonique informel, sans prendre de notes écrites, à un haut responsable de la DGFIP. Ce fonctionnaire était Frédéric Iannucci, qui dirigeait la DVNI, l’unité qui effectue les contrôles fiscaux des grandes entreprises … Le chef du PNF a alors expliqué à ses confrères et au parquet des tribunaux de Paris, le parquet général, que Frédéric Iannucci avait donné une “explication très plausible” “, ajoute le rapport.

Selon Mediapart, qui cite des sources judiciaires anonymes, la décision finale de Houlette de clore l’affaire “a provoqué de vifs sentiments à son encontre au sein du PNF”.

Le rapport allègue qu’il a également «alimenté la suspicion dans certains milieux quant à son manque de pugnacité dans les enquêtes sur des affaires qui pourraient embarrasser l’administration Macron».