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Mingora (Pakistan) (AFP) – Des milliers de personnes vivant près de rivières débordantes dans le nord du Pakistan ont reçu l’ordre d’évacuer samedi alors que le nombre de morts des pluies dévastatrices de la mousson approchait le millier sans fin en vue.

De nombreuses rivières du Khyber Pakhtunkhwa, une province pittoresque de montagnes et de vallées escarpées, ont débordé, démolissant des dizaines de bâtiments, dont un hôtel de 150 chambres qui s’est effondré dans un torrent déchaîné.

« La maison que nous avons construite avec des années de dur labeur a commencé à s’effondrer sous nos yeux », a déclaré Junaid Khan, 23 ans, qui possède deux fermes piscicoles à Chrasadda.

« Nous nous sommes assis sur le bord de la route et avons regardé la maison de nos rêves couler. »

La mousson annuelle est essentielle pour irriguer les cultures et reconstituer les lacs et les barrages du sous-continent indien, mais chaque année apporte également une vague de destruction.

Les autorités affirment que les inondations de la mousson de cette année ont touché plus de 33 millions de personnes, un Pakistanais sur sept, détruisant ou endommageant gravement près d’un million de maisons.

Samedi, les autorités ont ordonné à des milliers d’habitants des zones menacées d’évacuer leurs maisons car les rivières n’avaient pas encore atteint leur pleine capacité.

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« Au début, certaines personnes ont refusé de partir, mais quand le niveau de l’eau est monté, elles ont accepté », a déclaré à l’AFP Bilal Faizi, porte-parole du service d’urgence Secours 1122.

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Les responsables affirment que les inondations de cette année sont comparables à celles de 2010, les pires jamais enregistrées, lorsque plus de 2 000 personnes sont mortes et que près d’un cinquième du pays était sous l’eau.

Le fermier Shah Faisal, campé au bord d’une route à Chrasadda avec sa femme et ses deux filles, a décrit comment il a vu sa maison au bord de la rivière engloutie par une rivière alors que le puissant courant érodait la rive.

Les rivières Jindi, Swat et Kaboul traversent la ville avant de rejoindre le puissant Indus, qui déborde également en aval.

« Nous nous sommes échappés avec nos vies », a déclaré Faisal à l’AFP.

Changement climatique

Les responsables blâment le changement climatique d’origine humaine pour la dévastation et disent que le Pakistan porte injustement le poids des pratiques environnementales irresponsables dans d’autres parties du monde.

Le Pakistan se classe au huitième rang du Global Climate Risk Index, une liste établie par l’ONG environnementale Germanwatch des pays considérés comme les plus vulnérables aux conditions météorologiques extrêmes causées par le changement climatique.

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Pourtant, les autorités locales doivent assumer une partie du blâme pour la dévastation.

La corruption, la mauvaise planification et le non-respect des réglementations locales signifient que des milliers de bâtiments ont été érigés dans des zones sujettes aux inondations saisonnières, mais pas aussi graves que cette année.

Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence et mobilisé l’armée pour faire face à ce que la ministre du Changement climatique, Sherry Rehman, a qualifié mercredi de « catastrophe à une échelle épique ».

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Selon l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, depuis le début de la mousson en juin, plus de deux millions d’acres de cultures ont été détruites, 3 100 kilomètres (1 900 miles) de routes détruites et 149 ponts emportés.

À Sukkur, à plus de 1 000 kilomètres au sud de Swat, les terres agricoles irriguées par l’Indus étaient sous l’eau, des dizaines de milliers de personnes cherchant refuge sur les chaussées et les autoroutes en attendant de nouveaux torrents du nord.

« Nous avons complètement ouvert les vannes », a déclaré à l’AFP le superviseur du barrage, Aziz Soomro, ajoutant que la plus grande ruée vers l’eau était attendue dimanche.

L’inondation ne pouvait pas arriver à un pire moment pour le Pakistan, dont l’économie est en chute libre et dont la politique est en proie à la crise suite à l’éviction de l’ancien Premier ministre Imran Khan par une motion de censure parlementaire en avril.