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Paris (AFP)- Les troupes françaises ont rendu lundi une base militaire dans le nord-est du Mali avant un retrait définitif de la nation sahélienne, a annoncé l’armée française, après neuf ans de lutte contre une insurrection djihadiste.

Et l’envoyé de l’ONU sur place a averti que leur retrait pourrait laisser Menaka, où ils étaient basés, vulnérable à une attaque djihadiste.

Le départ de la base de Ménaka « s’est déroulé dans le bon ordre, de manière sûre et transparente », a déclaré à Paris le porte-parole de l’armée française, le général Pascal Ianni.

Il intervient avant le dernier retrait du Mali « à la fin de l’été », lorsque la principale base militaire française de Gao sera rendue aux forces maliennes, a-t-il ajouté.

Mais El-Ghassim Wane, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali, a averti que le retrait pourrait causer des problèmes à Menaka.

Il s’était rendu dans la ville il y a deux semaines, a-t-il dit, et les personnes à qui il avait parlé « n’ont pas exclu une attaque contre la ville de Ménaka », où 5 000 personnes forcées de fuir les violences dans la région s’étaient réfugiées.

« Si ce scénario devait se réaliser, la base de la MINUSMA risque d’être perçue comme le dernier refuge pour les civils fuyant les violences », a ajouté Wane, faisant référence à la base de la force de maintien de la paix de l’ONU au Mali.

Mais il a averti : « Avec un minimum de forces maliennes dans la région et quelque 600 casques bleus disponibles pour protéger les civils, le personnel et les biens de l’ONU, la capacité de la MINUSMA à organiser une réponse efficace est limitée ».

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détérioration des relations

L’ancien dirigeant colonial français a établi l’avant-poste de Menaka en 2018 dans la région sauvage des trois frontières où le Mali rencontre le Niger et le Burkina Faso. Il abritait des forces spéciales françaises et européennes sous le nom de Takuba chargées de former les troupes locales.

Le général Ianni a déclaré aux journalistes que l’opération Takuba ne serait pas transférée au Niger voisin.

La France a lancé des opérations anti-jihadistes au Sahel en 2013, aidant le Mali à réprimer un soulèvement dans le nord.

Mais les djihadistes se sont regroupés pour attaquer le centre instable du pays, déclenchant une insurrection féroce que le président élu Ibrahim Bubacar Keita n’a pas été en mesure d’écraser.

Des combattants djihadistes ont attaqué des casques bleus de l’ONU au Mali, tuant deux personnes et en blessant un troisième lors d’une récente attaque. Souleymane Ag Anara AFP/Archives

En août 2020, les manifestations contre Keita ont abouti à un coup d’État de colonels mécontents, suivi d’un deuxième coup d’État militaire en mai 2021.

Par la suite, les relations avec la France se sont détériorées, alimentées par la résistance de la junte à fixer une date rapide pour le rétablissement du régime civil et par les accusations de Bamako selon lesquelles la France poussait la région à adopter une ligne dure contre elle.

Le raid s’est accéléré en 2021 alors que la junte resserrait ses liens avec Moscou, faisant venir des « instructeurs militaires » que la France et ses alliés condamnaient comme des mercenaires engagés par le groupe pro-Kremlin Wagner.

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La France ne quitte pas le Sahel

L’opération française au Sahel a culminé en 2020 avec quelque 5 500 soldats avant que Paris ne commence à réduire progressivement le nombre et à fermer les bases les plus avancées à Kidal, Tessalit et Tombouctou dans le nord du Mali.

En janvier dernier, l’ambassadeur de France à Bamako était expulsé et le mois suivant le président Emmanuel Macron annonçait le retrait total du Mali en raison de la détérioration des relations et de la sécurité.

Cependant, l’armée a déclaré lundi que les forces françaises ne quitteraient pas la région du Sahel.

« L’engagement dans la lutte contre le terrorisme, aux côtés des Etats de la région, à leur demande, reste une priorité absolue », a déclaré le porte-parole.