L’image idyllique des alpages suisses paisibles est brisée par les prochains votes sur les pesticides qui ont radicalement divisé l’opinion dans la Suisse rurale.

La Suisse votera le 13 juin sur une proposition qui, si elle est adoptée, ferait de la Suisse le premier pays au monde à interdire les pesticides de synthèse.

Les défenseurs cherchent à interdire les pesticides contenant des produits chimiques non naturels, et pas seulement pour l’agriculture, mais aussi pour les espaces verts publics, les jardins privés et même pour tuer les mauvaises herbes sur les voies ferrées.

L’initiative, intitulée « Pour une Suisse sans pesticides de synthèse », interdirait également l’importation de produits alimentaires fabriqués avec des pesticides de synthèse, afin de ne pas désavantager les agriculteurs suisses.

Une campagne marquée par des débats houleux a éclaté dans la région ouest de Vaud lorsque des incendiaires ont mis le feu à une remorque dans un champ avec des banderoles appelant au « non », provoquant la colère des agriculteurs.

Pendant ce temps, les agriculteurs de la campagne « Oui » disent avoir été victimes d’insultes, de menaces et d’intimidations.

Dans le système suisse de démocratie directe, des référendums et des votes populaires ont lieu tous les quelques mois aux niveaux national, régional et local.

Toute question peut être soumise à un vote national tant qu’elle rassemble 100 000 signatures dans cette nation riche de 8,6 millions d’habitants.

Lancée par un comité présidé par un vigneron et un professeur de biologie des sols à l’Université de Neuchâtel, l’initiative pesticides a rassemblé 121 307 signatures.

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Un vote parallèle a également lieu sur une deuxième initiative, sur une initiative intitulée « Pour de l’eau potable et une alimentation saine ».

Selon la proposition, les subventions gouvernementales aux exploitations agricoles seraient limitées uniquement à celles qui n’utilisent pas de pesticides et à celles qui n’utilisent pas d’antibiotiques à titre préventif, mais uniquement pour traiter les animaux malades.

Pour limiter la quantité de lisier utilisée dans les champs et ainsi potentiellement entrer dans le système d’eau, je limiterais également les subventions aux seules exploitations qui peuvent nourrir les animaux avec le fourrage qu’ils produisent eux-mêmes.

Les partisans de l’initiative, qui a recueilli 113 979 signatures, affirment que l’argent des contribuables ne devrait pas être utilisé pour subventionner les dommages causés à la santé publique et à l’environnement.

De grandes organisations agricoles, dont l’Union suisse des agriculteurs et l’Association suisse des producteurs de légumes, ont demandé un double vote « Non », considérant que les mesures sont trop extrêmes.

« Nous vous nourrissons, ils nous punissent », lit-on dans leur devise.

Les apiculteurs veulent un double « Oui », tandis que le groupe Bio Suisse de producteurs et jardiniers bio, dans un pays où l’agriculture biologique représente 15 pour cent de toutes les exploitations, veut un « Oui » sur les pesticides et un « Non ». dans la deuxième initiative.

Il dit que malgré les bonnes intentions de la deuxième initiative, les limites de fourrage rendraient encore plus difficile le travail des agriculteurs biologiques, sans résoudre le problème de l’agriculture intensive, car les grandes exploitations pourraient simplement renoncer aux subventions et garder de grands troupeaux.

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Le gouvernement suisse préconise un double « non », mettant en garde contre des risques pour l’approvisionnement alimentaire qui pourraient faire monter en flèche les prix, au détriment des ménages les plus modestes dans un pays où le coût de la vie est déjà élevé.

« L’agriculture doit changer, nous sommes d’accord là-dessus », a déclaré à l’AFP Francis Egger, directeur adjoint de l’Union des agriculteurs suisses.

« Il y a deux fois 100 000 personnes qui ont signé, il y a donc un message clair des consommateurs », a-t-il admis, ajoutant les deux demandes distinctes.

Mais ces initiatives vont « trop ​​loin », a-t-il dit, et risquent de pénaliser sévèrement les agriculteurs suisses qui ont déjà fait des efforts importants pour réduire l’utilisation des pesticides.

Antoinette Gilson, biologiste de formation et membre du comité à l’origine de l’initiative pesticides, a insisté : « Notre initiative n’est pas dirigée contre les agriculteurs.

Son objectif est d’interdire les pesticides de synthèse, qui sont « les plus dangereux », et auxquels les agriculteurs eux-mêmes sont fortement exposés, a-t-il dit, mais pas les pesticides biologiques ou alternatifs qui ne contiennent pas de « produits chimiques toxiques ».

Quelque 107 ingrédients actifs utilisés pour les biopesticides, dont le soufre et le cuivre, seraient toujours autorisés, contre 383 aujourd’hui.

Les deux initiatives ont commencé la campagne avec des indices clairs dans les sondages, mais ont vu leurs niveaux de soutien chuter.

Un sondage publié le 2 juin par le groupe de presse Tamedia a indiqué que l’initiative sur les pesticides avait 42% de soutien, tandis que l’initiative pour l’eau propre fonctionnait avec 41% de soutien.

Les électeurs ruraux sont favorables au rejet des propositions, tandis que les électeurs urbains les soutiennent massivement, selon le sondage.

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