Une semaine après la rentrée scolaire, une trentaine de cas de Covid-19 ont été identifiés parmi les élèves de l’île. Les écoles envoient des cours à la maison, sans fermer complètement. Les parents et les enseignants sont concernés.

Les écoles réunionnaises s’attendaient à un retour serein à l’école: c’était un échec. Le nombre de cas de coronavirus monte en flèche sur l’île, jusqu’à présent relativement épargnée par l’épidémie. Quarante-huit nouvelles personnes infectées ont été enregistrées en 24 heures Mardi 25 août avec quatre nouveaux clusters. Une semaine après la rentrée scolaire, qui a eu lieu le lundi 17 août, certaines écoles sont déjà obligées de renvoyer les élèves chez eux.

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Mais il ne fait aucun doute, pour l’académie réunionnaise, de fermer systématiquement des écoles entières. A Saint-Denis, Saint-Paul et dans d’autres villes de l’île, une trentaine d’étudiants ont été testés positifs au Covid-19 depuis la semaine dernière. Les 14 établissements concernés Il a demandé à ses collègues de rester à la maison. Comme les enseignants qui ont été en contact avec le groupe. Les autres enfants sont attendus en classe. Et ce n’est pas pour rassurer les parents: “Il peut y avoir d’autres cas qui n’ont pas été détectés, asymptomatiques par exemple”Marina, la mère d’un étudiant CP à Saint-Benoît, s’alarme. “Quand je dépose mon fils à l’école le matin, tous les petits sont rassemblés sous la cour de récréation, sans masque ni distance, pendant que le virus circule. On les jette dans la gueule du loup!” rapporte-t-elle, inquiète.

Chaque jour, de nouvelles écoles enregistrent des cas de contamination parmi leurs élèves. Et les rumeurs abondent. “L’information ne circule pas toujours officiellement. Mais par le bouche à oreille, on voit qu’il y a des cas partout!” Aurore, à Saint-Benoît, a déjà retiré sa fille de l’école Bassin Bleu où elle est scolarisée en troisième: “Avec les professeurs en quarantaine, elle n’a que deux heures de cours par jour. Je la laisse à la maison!” affirme la mère de famille, même si elle le souhaite “éviter de tomber dans la paranoïa”.

Au sein des établissements, les enseignants rapportent des situations lunaires. A l’institut Saint-Denis où enseigne Guillaume *, trois lavabos ont été placés à l’entrée pour permettre aux élèves de se laver les mains tous les matins: «Les portes s’ouvrent cinq minutes avant le début des cours. Ainsi, à 7 heures du matin, une centaine d’étudiants se précipitent vers les trois robinets, tous ensemble pour se rincer rapidement les mains, avant de rejoindre leurs cours.dit-il étonné.

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Scènes similaires dans un autre établissement de la ville: “Les 1000 lycéens reprennent leur récréation en même temps: ils sont regroupés sur de petits escaliers, regroupés dans des endroits étroits. Dans la salle à manger, ils attendent la soixantaine et déjeunent ensemble, sans masque”, explique François *, enseignant. Dans ces conditions, il est difficile de retracer tous les cas de contact avec les patients, surtout lorsque les groupes sont mixtes: «Ils gardent les classes à la maison, mais avec la réforme du lycée, les élèves n’ont pas une seule classe. Ils ont plusieurs groupes selon les cours qu’ils ont choisis. Au bout d’une journée, tous les élèves du même niveau se sont vraiment rencontrés»Guillaume soupire.

Un millier d’étudiants prennent leur récréation ensemble. Nous ne pouvons pas vérifier tous les cas de contact.François, professeur de Saint-Denisvers franceinfo

Pourquoi, demandent-ils aux enseignants, ne pas mettre en œuvre des mesures pour éviter les contacts entre élèves? “Rien n’a été appris des mesures mises en place en juin dernier. Nous pourrions organiser des arrivées et des départs échelonnés, ou des pauses échelonnées”.suggère François. “Très compliqué”, rejette Gilles Frémenteau, directeur de l’institut Mémona Hintermann-Affejee, à Saint-Denis. «Ils me demandent d’accueillir 1 140 étudiants, ce qui nécessite une administration très spécifique. Le bâtiment est plein: je n’ai pas assez de place pour faire des demi-groupes ou des pauses échelonnées. Les étudiants doivent être renvoyés chez eux.explique le réalisateur. “Compte tenu du retard que nous avons pris, cela ne me semble pas une bonne idée. Les examens du lycée pour le terminal approchent et ils ne seront pas faciles.”

Car l’objectif, pour l’Academia de Reunion, est d’éviter au maximum la fermeture d’établissements: «Nous assurons le suivi des cas de contact et l’accompagnement à domicile des cas avérés d’étudiants malades et de leur environnement immédiat. Les décisions sont prises sur une base scientifique et non sur d’éventuels cas de contact. [parent malade, etc.], explique l’académie, contactée par franceinfo. “Certains élèves ont pris du retard ces derniers mois. Maintenant, le principe est que le plus d’élèves possible retournent à l’école.”

Sabrina, mère d’élèves de Saint-Denis, est d’accord. L’école de son fils de 7 ans est l’un des rares établissements réunionnais à avoir reporté la rentrée scolaire après la découverte d’un groupe dans la région. «Après avoir passé une grande partie de son ordinateur à la maison, mon fils est retourné à l’école à distance. Elle fait ses exercices de chez elle et ne parle à son professeur qu’au téléphone.Sabrina se lamente. “Vous n’expliquez pas la même chose que le professeur. Et puisque je dois travailler, je lui demande de garder les enfants. Je ne suis pas sûr d’être moins en sécurité à l’école!”

La Réunion suit le protocole national quelle que soit la situation locale, faisant bondir de nombreux rassemblements. “C’est marrant: pendant la détention, il n’y a pratiquement pas eu de cas à la Réunion. Maintenant ça explose et on fait comme si de rien n’était!” gronde Guillaume, le professeur de Saint-Denis.

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La rentrée a été effectuée avec une circulaire complètement obsolète.Guillaume, professeur de Saint-Denisvers franceinfo

Au retour à l’école des enfants réunionnais, les dernières consignes datent du 11 juillet et prévoyaient un retour en classe quasi normal: «La rentrée scolaire a eu lieu deux semaines avant la métropole, avec une circulaire totalement inappropriée. Les nouvelles consignes arriveront en même temps que la rentrée scolaire en septembre, ce qui nous donne le sentiment d’être des citoyens de seconde zone », soupire le professeur. Est surpris que la préfecture a interdit les rassemblements de plus de dix personnes à travers l’île le week-end dernier, mais qu’il peut rassembler 35 élèves dans sa classe, “45 cm entre eux” : “C’est incohérent!”

De nombreux Réunionnais considèrent désormais les écoles comme des pôles potentiels: “La question n’est pas” est-ce que ça va exploser? ” mais quand’ ?” François s’inquiète. Qui, quant à lui, prépare ses élèves à l’enseignement à distance en cas de réclusion.

* Les noms ont été modifiés.