La France et les Pays-Bas signent un accord sur la « frontière des courses à pied » des Caraïbes

Le chômage français est au plus bas depuis 40 ans. Le taux d’emploi, chiffre moins fréquemment cité, est le plus élevé depuis près d’un demi-siècle.

Une nation reconnaissante se réjouit. Eh non.

Il y a dix ans, le chômage, alors autour de 13 %, était la cause de la misère nationale par excellence. Les cinq années au pouvoir du président François Hollande ont été gâchées par son échec à tenir sa promesse d’« inverser la courbe du chômage ».

Le chômage est maintenant à 7,1% et en baisse. Il y a de fortes chances que le président Emmanuel Macron tienne sa promesse de rétablir le “plein emploi”, défini comme 5,5 % des personnes en âge de travailler officiellement sans emploi, d’ici à son départ en 2027.

Par cette seule mesure (il existe d’autres mesures disponibles), la présidence de Macron a été un succès extraordinaire pour lequel les Français ne lui accordent aucun crédit.

Le chômage a été l’un des sujets les plus bruyants de la politique française au cours des quatre décennies jusqu’en 2020. Aujourd’hui, la France a renversé la situation.

Seulement 12 % des personnes interrogées disent que le chômage est leur plus grande préoccupation. Les problèmes urgents pour les Français sont; le coût de la vie, l’insécurité et la santé. (L’immigration se classe relativement bas sur la liste malgré la dépression nerveuse en cours sur la question à droite et à l’extrême droite.)

Voilà la première explication de la curieuse absence de réjouissance nationale. Emmanuel Macron n’est pas crédité d’avoir “réglé” le problème du chômage car ce n’est plus un problème.

S’ils sont pressés sur la question, leurs détracteurs et leurs ennemis minimisent ou minimisent leur succès.

“Le chômage est en baisse dans toute l’Europe.”

(C’est vrai, mais la France n’a pas toujours suivi un modèle européen positif dans le passé.)

“Ce sont tous des Uber-jobs ou des McJobs, précaires, à temps partiel ou mal payés.”

(Faux. Selon les dernières statistiques de l’INSEE, le nombre de contrats à durée indéterminée a augmenté de 20 % au cours des trois dernières années. Le nombre de travailleurs à temps plein est le plus élevé depuis le début des relevés en 1975).

“Le chômage diminue pour des raisons démographiques à mesure que la population vieillit.”

(Au mieux, marginalement vrai. La taille de la main-d’œuvre en France continue de croître, bien que son taux d’augmentation ait ralenti.)

La France crée désormais des emplois à un rythme plus rapide que ne l’explique sa modeste croissance économique. Il y a aussi plusieurs dizaines de milliers de postes vacants non pourvus.

Parce que?

Avant, il était très coûteux d’embaucher des gens en France et très difficile de les licencier. Cela a changé au cours de la dernière décennie, bien que le coût du travail (salaires plus charges sociales pour financer les politiques sociales) reste plus élevé en France qu’en Allemagne et que tous les pays de l’UE hors Scandinavie).

Le président Nicolas Sarkozy a commencé à réduire les charges sociales en 2007-2012. Le président Hollande, avec Macron comme ministre de l’Economie, a poursuivi le processus en 2012-2016.

Il a également commencé à simplifier l’embauche et le licenciement. Il était détesté pour cela par son propre parti socialiste et la gauche en général.

Macron a accéléré le changement au cours des six dernières années, les modifications de la masse salariale et de l’impôt sur les sociétés étant critiquées par les entreprises comme extrêmement compliquées et par la gauche comme “un cadeau géant aux patrons”. Il a également simplifié/réduit les protections de l’emploi et resserré les règles de demande d’allocations de chômage.

Les contrats à durée indéterminée ne sont plus aussi incassables ; par conséquent, les employeurs sont plus susceptibles de les signer.

Tout cela explique-t-il la baisse du nombre de chômeurs ? La gauche et les syndicats affirment que les allégements fiscaux sont principalement allés dans les poches des “Les patrons” – comme s’il était normal de payer une énorme taxe sur les emplois. La droite et l’extrême droite préfèrent parler d’immigration et de criminalité, et non de l’abandon modeste des taxes élevées sur l’emploi et des entreprises qu’elles soutiennent théoriquement.

Tout le mérite de la baisse du chômage ne devrait peut-être pas revenir à Macron. Le fait qu’on ne lui accorde pas de crédit est pervers.

Un problème résolu n’est plus un problème. Aucun président français n’est populaire pendant son mandat.

Mais il y a quelque chose chez Macron que les Français aiment particulièrement détester.

Les insultes récentes incluent : c’est un “petit technocrate ricanant”. Ses “pieds ne touchent plus le sol en permanence”.

Une partie de cette attaque exagérée contre Macron s’explique peut-être par les traits de caractère de Macron.

Les tribus dominantes de gauche et de droite en France se sont scindées et se sont davantage déplacées vers la gauche et la droite. Macron a joué son rôle en encourageant ce processus ; maintenant il est détesté des deux côtés.

Il n’a pas d’électorat médiatique naturel du genre qui a protégé d’une manière ou d’une autre Sarkozy ou Hollande dans leurs jours les plus sombres.

Environ 30 % du pays (centriste, pro-européen, disproportionnellement plus âgé) est toujours avec Macron. Le reste se vautre dans une haine presque hystérique de l’homme qui a présidé à la résolution du problème le plus tenace du pays au cours des quatre dernières décennies.

C’est peut-être quelque chose à propos de Macron; en dit plus sur la France.