Le cri glacial d’un coq, l’odeur réconfortante du fumier et le grondement des tracteurs – le paysage sensoriel idyllique de la France rurale a été à l’origine de nombreux troubles civils ces dernières années. Un nombre croissant de citadins ont des maisons de vacances dans les zones rurales pour profiter de la paix et de la sérénité. Il s’avère que la vie rurale est pleine d’activité et, en France du moins, non susceptible de changer pour le confort des étrangers. Il y a eu plusieurs plaintes concernant le bruit et les odeurs d’animaux et d’églises ces dernières années. Maurice le coq est devenu un symbole de ce conflit lorsque ses voisins sont allés en justice contre leurs propriétaires en 2019, mécontents d’avoir été réveillés par le cri du coq à l’aube. Les législateurs français ont finalement laissé la question tranquille en votant une loi pour protéger le «patrimoine sensoriel» des campagnes.

Pour être honnête, il y a quelque chose qui ronge d’être réveillé alors qu’il fait encore noir dehors par le chant aigu d’un coq. Mais le droit au confort que les riches pensaient que l’argent pourrait acheter dans leurs villas de week-end est en contradiction avec les options des résidents ruraux autonomes. Contrairement aux boutiques de luxe des Champs-Elysées, la France rurale a refusé de servir les intérêts des touristes. La France, à la fois culturellement et économiquement, est encore très agricole. La campagne pour la loi était basée sur le principe que la campagne est plus qu’un paysage pittoresque et y vivre signifie accepter ce fait.

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Leur «patrimoine sensoriel» sauvegardé, les paysans français ne doivent pas devenir complaisants. Les paysages sonores sont des choses fragiles, comme les Indiens le savent bien. Un haut-parleur et les prochaines élections peuvent étouffer les sons d’une ferme beaucoup plus rapidement que les plaintes de voisins gâtés. Mais en attendant, au moins, les Maurices de France sont libres de faire un scandale matinal.