Un enseignant a été suspendu cette semaine à Bruxelles pour avoir montré à ses élèves de 10-11 ans une caricature publiée par Charlie Hebdo montrant le prophète Mahomet nu à quatre pattes, ce qui a été jugé “obscène” par ses dirigeants. L’information, révélée par le journal La Libre Belgique, a été confirmée à l’AFP par le porte-parole du maire de Molenbeek, la commune bruxelloise où les événements se sont produits.

Selon ce porte-parole, Rachid Barghouti, “deux ou trois parents” ont dénoncé à la direction de cette école primaire qu’un dessin montrant les organes génitaux du prophète avait été brandi devant “des enfants de 5e et 6e année” (les deux derniers niveaux Note de l’éditeur). Dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, après le meurtre ce mois-ci d’un professeur de français qui montrait à ses élèves adolescents divers dessins animés de Muhammad, le professeur avait choisi de montrer l’un de ses dessins. lot, déjà publié par l’hebdomadaire français Charlie Hebdo.

Rapportée au directeur de l’école, son initiative a été dénoncée par ce dernier à l’autorité de contrôle, c’est-à-dire aux élus de l’exécutif municipal.

Le professeur “a été entendu jeudi par l’école municipale (le maire – ou maire – et ses adjoints, ndlr) et licencié”, a expliqué M. Barghouti.

“Ce n’est pas une sanction, cela équivaut à engager une procédure disciplinaire”, a-t-il ajouté. Jeudi prochain, une nouvelle audition est prévue devant les mêmes élus pour décider d’une éventuelle sanction.

“Notre décision repose uniquement sur le fait qu’il s’agit d’images obscènes, sans le prophète nous aurions pris exactement la même décision”, a déclaré la porte-parole Catherine Moureaux, la maire. Socialiste qui dirige la ville en coalition avec les libéraux francophones.

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Molenbeek-Saint-Jean, commune populaire d’environ 100000 habitants, avec une importante communauté d’origine marocaine, a acquis la réputation d’être un vivier du djihadisme en Europe, lors de l’enquête franco-belge sur les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (130 morts) a révélé que plusieurs assaillants venaient de là.

Selon Rachid Barghouti, discuter de la liberté d’expression à l’école “est important, il n’y a pas de censure à ce sujet”. Mais «vous devez le faire dans un cadre légèrement réfléchi et réfléchi».

“Montrer des images obscènes d’une manière aussi brutale à de si jeunes enfants n’est pas très intelligent d’un point de vue éducatif”, a-t-il insisté. «Si nous avons un cours d’histoire qui parle des nus de l’Antiquité, nous contextualisons, nous expliquons pourquoi nous avons utilisé le nu pendant l’Antiquité», a déclaré le responsable municipal.

Samuel Paty, un professeur d’histoire et de géographie de 47 ans, a été décapité le 16 octobre, dix jours après avoir montré à ses élèves de quatrième année des dessins animés de Muhammad lors d’un cours de liberté d’expression. Il avait été la cible des médias sociaux et de la mobilisation en ligne.