Revenant sur sa promesse antérieure de réduire la dépendance à l’énergie nucléaire, le président Emmanuel Macron a annoncé en février son intention de construire au moins six nouveaux réacteurs nucléaires au cours des prochaines décennies dans le but d’aider la France à atteindre le zéro net d’ici 2050. Macron cherche également à étendre la durée de vie opérationnelle des 32 réacteurs nucléaires existants les plus anciens du pays de 10 ans à un demi-siècle, évitant ainsi d’avoir à les arrêter cette décennie. Les nouvelles centrales, des versions avancées du modèle de réacteur pressurisé européen (EPR), seront construites et exploitées par l’entreprise publique EDF pour un coût de 50 milliards d’euros (41,9 milliards d’euros). Alors que les experts ont évalué le schéma comme faisable dans son ambition sur le papier, EDF a déjà peiné à faire aboutir les réacteurs EPR. L’installation de Hinkley Point dans le Somerset, par exemple, a déjà des années de retard et des milliards de plus que son budget initial, tout comme le réacteur de Flamanville dans le nord-ouest de la France.

L’accent mis récemment sur les réacteurs nucléaires à grande échelle est, du moins superficiellement, en contradiction avec l’annonce du président Macron à la fin de l’année dernière selon laquelle la France investirait dans de soi-disant conceptions de petits réacteurs modulaires dans le cadre de sa « France 2020 ».

Bien que plus petits que les centrales nucléaires conventionnelles, ces modules, qui seraient construits dans une usine et transportés vers leur site d’exploitation, devraient être plus faciles à construire, nécessiter moins de main-d’œuvre pour fonctionner et être également dotés de fonctionnalités de sécurité renforcées.

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Sur le budget de 30 milliards d’euros (25,2 milliards de livres sterling) alloué à la stratégie, 8 milliards d’euros (6,7 milliards de livres sterling) seront alloués au développement de l’hydrogène, contre seulement 1 milliard d’euros (0,8 milliard de livres sterling) pour les réacteurs à petite échelle. notions.

Cependant, malgré cette disparité de financement, Macron a affirmé que la réalisation des petits réacteurs modulaires était, en fait, « l’objectif numéro un ».

Ces installations, qui pourraient être construites en groupe pour augmenter la puissance totale d’un site donné, auraient une puissance électrique comprise entre 50 et 500 mégawatts chacune.

A titre de comparaison, les réacteurs existants en France ont des capacités allant jusqu’à 1 450 mégawatts.

Cependant, Macron n’est pas le seul homme politique français à avoir pour objectif d’étendre la capacité nucléaire de la France ; sa rivale Marine Le Pen, du parti d’extrême droite du Groupement national français, veut se présenter comme une partisane encore plus ardente de l’énergie atomique.

Mme Le Pen a déclaré vouloir mettre fin aux investissements « surévalués » dans l’énergie solaire et éolienne, ce qui lui permettrait de réduire la TVA sur l’essence de 20% à 5,5%, une décision visant à cimenter ses aspirations à être considérée comme la « protectrice ». des pauvres ».

Dans son dossier environnemental récemment publié, il écrivait : « Les Français pourront continuer à emmener leur famille dans leur voiture, prendre un bain, profiter du feu de bois dans la cheminée et fêter Noël ! »

Pour combler le déficit d’approvisionnement énergétique qui augmentera en coupant l’éolien et le solaire, Mme Le Pen propose de construire 20 nouvelles grandes centrales nucléaires, dont cinq entreront en service en 2031 et le reste en 2036, le temps qu’elles redémarrent les deux Réacteurs de Fessenheim déclassés en 2020.

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Parallèlement, il a esquissé un plan, appelé « Marie Curie » du nom du célèbre physicien franco-polonais qui a fait des travaux de pionnier sur la radioactivité, pour prolonger la durée de vie des réacteurs français existants à 60 ans chacun.

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Selon certains experts, quels que soient le vainqueur des élections et le type de réacteurs proposés, la France pourrait avoir des arrière-pensées pour vouloir mettre l’accent sur le nucléaire dans ses futures stratégies énergétiques et climatiques.

Le géographe humain, le Dr Philip Johnstone de l’Université du Sussex, par exemple, a déclaré D. W. que « les pays qui s’accrochent à l’énergie nucléaire sont souvent des États dotés d’armes nucléaires, comme le Royaume-Uni, les États-Unis et la France ».

En effet, lors d’un discours sur le nucléaire français en décembre 2020, Macron lui-même a déclaré : « Sans nucléaire civil, il n’y a pas de nucléaire militaire ; et sans nucléaire militaire, il n’y a pas de nucléaire civil.

Pour le Dr Johnstone, les badinages de la France avec des concepts de petits réacteurs modulaires, en particulier, représentent « d’abord et avant tout une décision stratégique » qui, selon lui, fera perdre « beaucoup de temps et d’argent ».