Les organisations environnementales ont critiqué le projet de loi du gouvernement français visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, affirmant qu’il risquait de menacer la biodiversité et les aires protégées.

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« Nous sommes prêts à faire des sacrifices, mais pas au détriment de la biodiversité », a déclaré Yves Verhilac, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), à EURACTIV France.

Ses propos interviennent une semaine après que le gouvernement français a présenté son projet de loi sur les énergies renouvelables, visant à accélérer le déploiement des parcs éoliens et solaires en raccourcissant les démarches administratives et en désignant des « zones d’accès » aux énergies renouvelables.

Mais la LPO, ainsi que d’autres ONG vertes telles que France Nature Environnement (FNE) et Réseau Action Climat (RAC), ont déclaré à EURACTIV que le projet de loi risquait de nuire à la nature et à la biodiversité.

Leur principale préoccupation porte sur une disposition de la législation qui stipule que les futurs projets d’énergie renouvelable doivent avoir préséance sur d’autres objectifs environnementaux parce qu’« ils sont réputés servir une raison impérieuse d’intérêt public substantiel ».

Cette disposition, conforme aux recommandations de l’UE, laisse la porte ouverte à des dérogations pour la construction d’infrastructures dans les zones où la biodiversité est protégée, en particulier les zones Natura 2000, a déclaré Verhilac.

Le président français Emmanuel Macron a présenté le projet de loi le 22 septembre et la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a présenté le projet de loi à ses collègues ministres lundi dernier (26 septembre).

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Le projet de loi, qui est considéré comme la feuille de route de la France pour atteindre ses objectifs énergétiques, a également été critiqué pour son flou dans sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne les procédures d’autorisation des projets énergétiques.

Éviter de transformer le terrain

Des sources gouvernementales ont cherché à apaiser les inquiétudes des écologistes, affirmant que « le texte prévoit le déploiement des énergies renouvelables en priorité dans les zones déjà transformées ».

« Lorsque ce n’est pas possible, ils pourront être déployés dans des zones ayant le moins d’impact possible sur la biodiversité, sous réserve d’autorisation », a déclaré une source ministérielle à EURACTIV France.

Les ONG ne sont cependant pas rassurées.

Verhilac de la LPO a averti qu’un examen rigoureux du potentiel d’assainissement des sites contaminés devrait être effectué avant la réalisation de tout projet de développement.

Le président du FNE, Michel Dubromel, a souligné que le projet de loi devrait se concentrer sur les sites contaminés et non sur la transformation des espaces naturels.

Concernant l’énergie solaire, le projet donne la priorité aux panneaux solaires pour la couverture des parkings extérieurs, qui, s’ils étaient mis en œuvre, permettraient de déployer entre 7 et 11 gigawatts (GW) d’énergie solaire, une proportion élevée de l’objectif de 100 GW du gouvernement par 2050.

Dubromel, cependant, affirme que cela ne suffit pas et suggère que tous les entrepôts logistiques devraient être tenus d’installer des panneaux solaires.

Accélérer les choses ?

Pendant ce temps, d’autres ont loué le projet de loi pour son opportunité.

Il est bon de voir que le gouvernement a pris conscience qu' »il faut accélérer le développement des énergies renouvelables », a déclaré Zélie Victor, responsable de la transition énergétique au RAC France, citant le préambule du projet de loi.

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Or, « à vouloir aller trop vite, on peut perdre du temps », a-t-il prévenu.

Verhilac a souligné le point de Victor, ajoutant qu’aucun gain de temps ne peut justifier de compromettre le respect de l’environnement et de la biodiversité, surtout s’il n’y a aucune garantie que le temps sera gagné.

La critique selon laquelle la bureaucratie ralentit les choses et nuit ainsi à la biodiversité est un « argument quasi-populiste qui ne correspond pas à la réalité », a-t-il ajouté.

La source ministérielle a également reproché aux ONG de ne pas avoir correctement évalué le projet de loi.

Le projet de loi n’accélérera pas « la procédure d’autorisation des énergies renouvelables en France », a indiqué la source, ajoutant que lorsqu’un projet est reconnu d’intérêt public substantiel, « il doit toujours être démontré qu’il n’a pas d’impact sur les espèces ou les zones ». protégé ». .”

pensée globale

En attendant, la source ministérielle a invité les ONG à regarder la situation dans son ensemble.

« Nous ne négligeons pas l’impact local potentiel des énergies renouvelables, que nous prenons pleinement en compte », a déclaré la source, notant que les avantages des énergies renouvelables sont, dans l’ensemble, « incommensurables pour la planète ».

« Le rapport bénéfice est donc bien supérieur au risque potentiel » d’atteinte à la biodiversité, a-t-il ajouté.

Le chef vert Charles Fournier a également fait l’éloge du projet de loi, affirmant qu’au moins certains progrès avaient été réalisés, citant que le nouveau projet de loi ne permettait plus de relever facilement les seuils des évaluations d’impact sur l’environnement.

Pendant ce temps, Verhilac a également souligné la baisse continue de la prise en compte des questions environnementales, une tendance qu’il a dit avoir du mal à expliquer « à une époque où nous n’avons jamais autant communiqué sur l’environnement ».

[Edited by Daniel Eck, Nathalie Weatherald and Frédéric Simon]