Des manifestants au Sri Lanka ont pris d’assaut la résidence privée du Premier ministre et y ont mis le feu, quelques heures après qu’il a annoncé qu’il démissionnerait au milieu de l’aggravation de la crise économique du pays.

Ranil Wickremesinghe a annoncé qu’il démissionnerait samedi après-midi après que des milliers de personnes ont pris d’assaut la résidence officielle du président dans la capitale Colombo lors de l’une des plus grandes manifestations antigouvernementales à avoir frappé le pays cette année.

Le président, Gotabaya Rajapaksa, fait face à d’intenses pressions pour faire de même.

Wickremesinghe a tweeté: « Pour assurer la continuation du gouvernement, y compris la sécurité de tous les citoyens, j’accepte la meilleure recommandation des chefs de parti aujourd’hui, pour inaugurer un gouvernement multipartite. »

Il a démissionné après que des milliers de personnes sont descendues dans le quartier gouvernemental de la capitale sri-lankaise Colombo, criant des slogans anti-présidents et démantelant plusieurs barricades de police pour atteindre son domicile.

La police a tiré en l’air mais n’a pas pu empêcher la foule en colère d’encercler la résidence.

Au moins 39 personnes, dont deux policiers, ont été blessées dans les émeutes, ont indiqué des sources hospitalières.

Les manifestants se sont également rassemblés devant le secrétariat présidentiel, le bureau du président et la maison du Premier ministre.

Rajapaksa et Wickremesinghe ont été déplacés vers un endroit sûr, ont indiqué des sources du ministère de la Défense.

Des centaines de manifestants brandissant des drapeaux ont rempli la propriété du front de mer du président et ont utilisé la piscine dans un flux Facebook en direct.

Des manifestants à l'intérieur de la maison du président Gotabaya Rajapaksa à Colombo.  Photo : AP
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Des manifestants à l’intérieur de la maison du président à Colombo. Photo : AP

Wickremesinghe, qui a été nommé en mai, a démissionné après avoir convoqué les dirigeants des partis politiques pour une réunion d’urgence.

Il a également demandé au président de la Chambre des représentants de destituer le Parlement, a indiqué son bureau.

L’ambassadrice des États-Unis au Sri Lanka, Julie Chung, a appelé les gens à manifester pacifiquement et à la police de donner de l’espace aux manifestants, car elle a averti que « le chaos et la force ne résoudront pas l’économie ».

Le Sri Lanka, qui compte 22 millions d’habitants, fait face à sa pire crise économique depuis sept décennies depuis son indépendance en 1948.

L’inflation a atteint un record de 54,6 % en juin et devrait atteindre 70 %, ajoutant à la pression sur la population à court d’argent.

Des manifestants prennent d'assaut le palais présidentiel au Sri Lanka.  Photo: Coupeur de nouvelles
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Des manifestants au palais présidentiel. Photo: Coupeur de nouvelles
Des manifestants photographiés dans le jardin de la maison du président à Colombo.  Photo : Reuters
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Le jardin de la résidence présidentielle a été envahi. Photo : Reuters
Les gens ont pris d'assaut la maison du président Gotabaya Rajapaksa pour protester contre la crise économique.  Photo : Reuters
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La résidence du président. Photo : Reuters

Le pays est aux prises avec de graves pénuries de devises qui ont limité les importations essentielles de carburant, de nourriture et de médicaments.

Beaucoup blâment Rajapaksa, qui a fait face à des appels répétés à la démission.

Le manifestant Sampath Perera, 37 ans, a critiqué le président pour « s’être accroché au pouvoir » et a averti : « Nous n’allons pas nous arrêter tant qu’il ne nous aura pas écoutés ».

Des foules se sont rassemblées devant le bureau du président à Colombo.  Photo : AP
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Des foules se sont rassemblées devant le bureau du président à Colombo. Photo : AP
Un obus lacrymogène tiré par la police tombe sur la foule des manifestants à Colombo.  Photo : AP
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Un obus lacrymogène tiré par la police tombe sur la foule. Photo : AP
Les autorités sri-lankaises tentent de disperser des manifestants à Colombo le samedi 9 juillet Photo : AP
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Les autorités tentent de disperser les manifestants à Colombo. Photo : AP

La colère s’est intensifiée ces dernières semaines alors que les expéditions de carburant ont diminué, incitant au rationnement de l’essence et du diesel pour les services essentiels.

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Le Foreign Office britannique a mis en garde contre tout voyage sauf essentiel dans le paysqui a été laissée dans la tourmente financière en raison de la mauvaise gestion économique et de l’impact de la pandémie.

En avril de cette année, le Sri Lanka a annoncé qu’il suspendrait le paiement des prêts étrangers, l’attribuant à une pénurie de devises.

Un homme se couvre le visage après que des gaz lacrymogènes ont été tirés dans la capitale sri-lankaise.  Photo : AP
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Un homme couvre son visage après que des gaz lacrymogènes ont été tirés à Colombo. Photo : AP
Les manifestants portent des masques à gaz après la dispersion des gaz lacrymogènes Photo : AP
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Les manifestants sont venus préparés avec des masques à gaz. Photo : AP

Il a accumulé des dettes de plus de 42 milliards de livres sterling, dont environ la moitié – 23,3 milliards de livres sterling – doit être remboursée d’ici la fin de 2027.

La crise a gravement endommagé la réputation de la dynastie politique Rajapaksa, qui a dirigé le pays pendant la majeure partie des deux dernières décennies.

Rajapaksa est jusqu’à présent resté au pouvoir après que son frère a démissionné de son poste de Premier ministre en mai et que deux autres frères et un neveu ont démissionné de leurs postes ministériels cette année.