Dans le contexte du récent coup d’État militaire au Mali et au Burkina-Faso et des rancunes dirigées contre la France pour être à l’origine des problèmes économiques et sécuritaires qui ont nécessité les actions militaires dans les deux pays, le moment est venu de mettre la présence française et rôle en Afrique au microscope.

Longtemps après la fin du colonialisme en Afrique, les Français ont maintenu leur présence en Afrique en vertu d’un arrangement qui, à toutes fins pratiques, équivaut à la poursuite de l’assujettissement colonial des territoires qui sont passés sous leur contrôle. Alors que les autres puissances coloniales d’Afrique, la Grande-Bretagne, l’Espagne et le Portugal, à des degrés divers, avaient replié leurs entreprises coloniales et laissé leurs anciennes colonies tracer leur propre voie, les Français se sont arrangés pour rester sous un arrangement unilatéral qui convient exclusivement à leurs intérêts.

Prenons l’économie par exemple. Les Français s’arrangent pour imposer à leurs anciennes colonies un système où ils conservent les politiques monétaires et fiscales les liant à l’économie française. Ils devaient déposer les revenus de leur commerce extérieur dans le Trésor français en échange de quoi la France créait une monnaie d’échange pour les pays qu’elle contrôlait. La monnaie, qui est le CFA, comme l’expliquent les Français, est d’assurer la stabilité des échanges et du commerce dans ces pays. Mais en réalité, il s’agit d’assujettir les pays francophones à la manipulation et au contrôle exclusifs de la France.

Ainsi la France détermine ce que ses anciennes colonies exportent et importent puis en valorise. Et aussi, par là, la France retient ces pays collectivement comme une zone économique exclusive que les entreprises françaises peuvent exploiter à volonté. La France a le droit exclusif d’extraire leurs minerais, leurs produits agricoles et tout ce qu’ils produisent économiquement. Les entreprises françaises ont également des droits exclusifs de dumping des produits français dans ces pays et à des prix déterminés par la France.

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Mais le plus exaspérant est que ces pays ne peuvent avoir accès à leurs réserves de change domiciliées en France sans l’agrément français. Et il y a des limites imposées par la France sur le montant qui peut être approuvé. En approuvant la demande d’accès à leur réserve de change, la France exige également qu’ils s’acquittent d’une redevance pour faire droit à la demande. Et bien sûr, ce sont toujours des entreprises françaises qui évalueront et exécuteront le projet ou programme à un coût déterminé par la France.

Alors économiquement, la France répercute son coût d’existence sur ses anciennes colonies qui font le gros du travail. Pour garder la situation perpétuellement à son avantage, la France décourage les pays de poursuivre des relations commerciales indépendantes avec d’autres pays à moins qu’elle ne le dise.

Pour garder ce contrôle économique exclusif, la France impose à ses anciennes colonies un dispositif de défense qui permet à la France d’intervenir militairement dans leurs affaires intérieures. La présence militaire française dans ces pays vise à changer les gouvernements qui ne semblent pas suivre les diktats de la France. Les gouvernements de ces pays, de toute façon imposés par la France, n’ont pas leur mot à dire dans le déploiement et le fonctionnement des bases militaires françaises dans leur pays. En effet, ces bases sont des zones exclusives de la France et hors des juridictions des gouvernements des pays hôtes.

Depuis les bases françaises, le gouvernement français à Paris intervient régulièrement pour changer les gouvernements, qu’ils soient populaires et basés sur la volonté du peuple ou non. Et la France préfère toujours installer des dirigeants dociles et redevables à elle dans la poursuite de son contrôle économique.

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Encore une fois, les Français, qui se considèrent comme la plus haute forme de civilisation sur terre, découragent toute manifestation d’indépendance culturelle dans leurs anciennes colonies à moins, bien sûr, qu’elle ne leur profite commercialement. Mais dans ces pays, les Français tentent d’imposer leur culture d’une manière qui exige à défaut de s’y plier, dont l’ostracisme et d’autres formes d’exclusion s’appliquent aux coupables.

Il n’est pas difficile de voir pourquoi les anciennes colonies africaines françaises sont restées liées aux cordons du tablier de la France. La France ne leur a guère laissé de marge de manœuvre et de détermination de ce qu’ils veulent pour eux-mêmes économiquement, politiquement et socialement. Et la France les a laissés appauvris et sans espoir d’avenir.

Pourquoi la France s’en est-elle tirée ? Les alliés de la France dans le monde occidental savent tout cela et ont choisi de détourner le regard car la France est considérée comme faisant partie intégrante de la civilisation occidentale. La France contribue également de manière significative aux intérêts économiques et de défense de l’Occident. De toute façon, les Africains sont considérés comme des sauvages primitifs qui ne méritent aucune forme de reconnaissance en termes de droits économiques et politiques.

Mais les temps changent. Les jeunes des pays africains francophones sont fatigués de la domination française sur leur pays. En raison du manque d’opportunités économiques dans les pays, beaucoup ont choisi de faire le dangereux voyage à travers le désert du Sahara à la recherche de temps meilleurs en Europe, mais beaucoup d’entre eux se sont noyés dans la mer Méditerranée. le racisme et toutes sortes de discriminations.

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Et malgré sa présence militaire dans ces pays, la France n’a pas été en mesure de les protéger des insurgés. A leur grand dam, la France ne défend que les zones où ses entreprises sont implantées.

De toutes les indications, il est clair que l’ère du contrôle de la France sur ses anciennes colonies africaines touche à sa fin et il est instructif que cette poussée arrive dans les pays pauvres du Sahel considérés comme le maillon le plus faible de tout l’arrangement français en Afrique.

Les Français feraient bien de sentir le café avant qu’il ne soit trop tard.