Il a déjà fait l’objet de poursuites pénales au Japon pour détournement de fonds et fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour abus de patrimoine social. Carlos Ghosn est désormais dans la ligne de mire des autorités fiscales françaises.

Celui qui était le tout-puissant chef de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi jusqu’à son arrestation en novembre 2018 par les tribunaux japonais est menacé, par le caractère prétendument fictif de son transfert fiscal aux Pays-Bas, d’une reprise qui pourrait s’avérer massive. L’enquête a conduit à la saisie d’une partie de ses biens par mesure de précaution.

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Révélé par Lancement, Dimanche 13 décembre, l’information a été confirmée en Monde par une source familière avec le sujet. «L’administration a lancé une demande de vérification, en juillet 2019, sur la réalité du mouvement fiscal, en 2012, de Carlos Ghosn aux Pays-Bas. Demande accompagnée de plusieurs saisies conservatoires destinées à apporter des garanties dans le cadre de cette procédure », Cette source précise, qui en revanche n’a pas confirmé le montant de la saisie de 13 millions d’euros annoncée par Lancement.

Quatre rencontres

Le bien saisi comprend un appartement spacieux situé au 16moi quartier et appartenant à l’épouse de Carlos Ghosn, la moitié d’une villa dans les Yvelines ainsi que des titres et des dettes. Cependant, le total de l’ensemble reste incertain. A cela s’ajoute le gel de 538 000 actions Renault représentant, le 14 décembre, une valeur de plus de 19 millions d’euros. En tout état de cause, une telle saisie laisse penser que le montant d’une éventuelle récupération atteindrait plusieurs millions d’euros.

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Ni Carlos Ghosn ni son entourage n’ont voulu réagir. Contacté par Le monde, un représentant de Bercy a également refusé de commenter. Position réitérée par Bruno Le Maire, lundi. “Je ne confirme rien pour une raison simple, c’est que le ministre des Finances n’intervient dans aucun, je veux dire aucun dossier fiscal particuliera-t-il déclaré sur Franceinfo. L’administration fiscale gère les dossiers personnels de manière totalement indépendante. Par conséquent, Carlos Ghosn sera traité comme n’importe quel autre citoyen français, ni plus ni moins. “

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Sur le fond, les représentants de Carlos Ghosn contestent le bien-fondé de la procédure de vérification engagée, explique une source bien informée. Selon cela, Stéphane Salou, l’avocat parisien en charge du dossier fiscal de l’ancien grand capo (aujourd’hui réfugié au Liban après une incroyable évasion du Japon il y a un an), a rencontré à quatre reprises l’inspecteur des finances publiques et la brigade des Audit Bercy qui travaille sur le dossier.

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