Sans un bruit ou si peu, c'est avec douceur et volupté, qu'April March vient nous déposer au creux de nos oreilles nos étrennes de début d'année. "Triggers" est un album d'une grande classe qui emprunte plus au genre littéraire qu'à la musique…
Sorte de croisée luxuriante entre Stereolab et Aimée Mann, April March, cette américaine qui chante si bien en français, s'entoure comme pour son précédent album "Chrominance Decoder" du talent de Bertrand Burgalat. Du coup outre une production claire et légère, nous avons droit à des arrangements de grande qualité. On oscille entre de longues orchestrations et de douces mélodies, rehaussées de notes synthétiques dansantes. Ecouter "Trigger" c'est comme écouter les Belles and Sebastian : sans être une fin en soi "Triggers" invite au voyage, ravive notre envie de quitter la ville, ressource par sa fraîcheur. Et plus qu'une simple mélopée bucolique, il sait nous transporter nous entraînant au cœur de contrées inexplorées.
Mais au-delà d'une réelle intelligence culturelle et d'une sérénité évidente, April March convainc par une étonnante force jubilatoire et positive, toujours contenue, qui se libère parfois comme sur les excellents "Up Above" et "There's Always Madness" - qui rappellent les intonations de Sonya d'Echobelly - ou sur le morceau plus disco "Triggers".
"Triggers" est un album qui enchante et dépayse. D'une grande richesse instrumentale, c'est une véritable brèche dans le carcan musical actuel, une ouverture lumineuse vers une musique vraie et belle. On ne peut que se laisser porter par l'harmonie d'une telle rencontre. Les dernières notes de l'album se confondent à celles du début. Sorte de boucle bouclée, la fin sonne comme un glas, plus sombre, plus mystérieuse… Les gens heureux en apparence recèlent toujours une tristesse insondable.
"Triggers" sort officiellement le 18 février sur le label Tricatel. Pour les impatients qui souhaitent se galvaniser en avant première, Cosmosonic, en partenariat avec Tricatel, vous fait gagner des albums.
Jamy